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BOUALEM SANSAL

 

Fils d'une grande occasion manquée

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J'ai découvert Boualem Sansal en 2000, avec l'Enfant fou de l'arbre creux, un livre flamboyant, riche, écrit dans une langue qui vous emporte et se renouvelle sans cesse. Je savais que je venais de rencontrer une grande figure de la littérature francophone. Que ce nouveau venu soit Algérien n'était pas fait pour me déplaire, qu'il se et nous plonge dans une histoire qui nous est en partie commune qu'on le veuille ou non, m'était également précieux. C'est en lisant Sansal que j'ai découvert pour quelle raison je n'irai jamais en Algérie bien que marié à une française d'origine oranaise et pour la seconde fois à une française d'origine algérienne. L'Algérie a été dans ma jeunesse, à la belle époque de mes dix-huit ans qu'une grande brochette de connards, d'abords socialistes, puis gaullistes - de Gaulle en personne au premier chef et Mitterrand également -, s'évertuaient de nous pourrir inutilement en nous entraînant dans une guerre criminelle menée salement contre un adversaire tout aussi pourri que nous. Je dois dire que je fais parti de ceux qui ne croient ni en la repentance, cette connerie de politiques de dernière zone, ni à la gloire d'une quelconque patrie, au nom desquelles on tue, on pille, on viole, on torture, on détruit, on ruine. L'Algérie est et reste une grande occasion manquée, si la France était ce que disent les cons, elle n'aurait pas été manquée. Pour moi, et c'est ce que j'ai découvert en lisant Sansal, l'Algérie demeure ce qu'elle a été dans ma jeunesse : l'endroit où il ne faut pas aller ! J'étais hanté par l'idée que l'on m'obligerait peut-être à participer à cette guerre de merde. Ni Mitterrand, le Ministre de la quatrième, ni de Gaulle, le grand dépendeur d'andouilles qui se prenait pour Jeanne d'Arc, criminel contre l'humanité pour les massacres d'Algériens en France et de Harkis abandonnés en Algérie aux tueurs du FLN, avec leurs familles, n'avaient le droit de m'envoyer tuer des hommes qui ne m'avaient rien fait ou me faire tuer par eux. J'ai eu la chance de passer à travers les mailles de ce filet fasciste que les gaullistes, hors la loi de 1958, comploteurs, fornicateurs (1) de coups d'état, tendaient au nom d'une France morte née et depuis longtemps déshonorée - la Commune, 14-18 par exemple -, sur ma génération, sans avoir à m'enfuir en Suisse, une des rares terres de démocratie en Europe. Les Français qui ont guillotiné le gentil et débile Louis XVI sont toujours à la recherche d'un roi et personne n'a reconnu en de Gaulle le pantin ridicule et sanguinaire qu'il a été, le Franco français, gonflant la poitrine et agissant bassement et médiocrement dans l'ombre, s'appuyant sur une armée de tueurs héritée de toutes les résistances et forte en crapulerie et petits massacres divers. Depuis même ses ennemis de l'époque, sont rejoints par de médiocres arrivistes nouveaux venus de la politique et rivalisent en courbettes et génuflexions sur la tombe de l'Infâme, un vil assassin drapé dans les plis d'un drapeau depuis longtemps trop rouge du sang des siens et des autres.

Boualem Sansal est un produit de cette occasion manquée des deux rives de la Méditerranée qui auraient pu, une fois de plus, se retrouver pour autre chose que des bains de sang. Il nous parle de ce qui a existé et qui n'en finit pas de mourir, d'un pays livré aux charognards de tout poils, depuis trop longtemps encore englué dans un passé mal cousu. Parce qu'il n'y a pas d'Histoire mais seulement des hommes qui vont de bordels en masures, de palais en ruines, qui accumulent crimes et richesses, cachés, ce dont nous parle Boualem Sansal dépasse le passé récent, il nous entraîne dans des aventures, toutes petites, mais qui éveillent des échos démesurés et prennent une dimension mythique. C'est dans le Palais de la reine Ranavalla de Madagascar, victime de Lyautey et de sa bande d'assassins et morte à Alger, très jeune et en bonne santé, que la vieille maquerelle, héroïne de roman, trouve refuge. Madagascar où les Français commettront le premier massacre de l'après guerre, armée de lâches au service de politiciens serviles revenant de tous les abandons, qui se venge de ses trahisons passées sur des civils comme en 1870.

Boualem Sansal fut chassé de la Fonction Publique à cause de ses écrits, j'en vois déjà se rengorger : "Ce n'est pas dans notre France que des choses pareilles arriveraient, peut-être avec ces pétainistes de l'UMP, mais pas avec nous ..." (Les faux socialistes). En fait, on a chassé de la fonction publique française une jeune femme qui avait écrit un livre pour dire que l'on ne travaillait pas beaucoup dans certaines administrations. Les élus, socialistes, avaient le choix entre deux possibilités : chasser la délinquante ou dire merci à la bonne citoyenne et remédier à la gabegie ! Quant à la vérité sur l'histoire ... pourquoi l'avouerait-on ? Nous sommes de grands démocrates, non ? Cela n'est pas suffisant ? Nous reconnaissons d'ailleurs (par la loi) certains génocides ... des autres ! Pas tous !

(1) On s'étonnera peut-être de ce terme, mais ces comploteurs, assassins de Haïphong, de Sakiet et d'autres lieux, étaient des vils fornicateurs tout comme les hideux charognards de l'Algérie française regroupés dans l'association de tueurs OAS. Des fornicateurs impuissants qui se repaissent du sang des autres avant de quitter une scène où ils n'ont rien à faire.

 2084 La fin du monde

Islamophobe, voilà ce que diraient de ce livre tous les crétins qui reprennent à l'envie ce slogan minable de nos minables gouvernants assis, les fesses serrées, sur leur incompétence qui génère la trouille, la chiasse, la panique qui ne les quitte pas et qui, mêlé à leurs ambitions dérisoires de gouvernants-larbins donne à certains, assez paradoxalement un air de constipés aigus chroniques. Boualem Sansal est Algérien donc il a le droit d'écrire ce qui lui passe par la tête, nous le lirons, au besoin nous saluerons prudemment, de loin, nous comptons d'ailleurs sur ces extrémistes qui nous font si peur que nous oublions de les combattre chez nous attendant qu'ils massacrent nos concitoyens pour organiser avec nos collègues de pays avancés et quelques ordures qui financent le terrorisme, des défilés calamiteux de quelques dizaines de mètres, devant les caméras et sous la protection de dix mille tireurs d'élite, dans des rues barrées, pour le faire taire cet homme gênant qui dit la vérité ! Boualem Sansal qui est effectivement un homme courageux, ne se contente pas d'écrire un roman dans laquelle une religion imaginaire qui ressemble furieusement à une autre, domine le monde ou une partie du monde dans une fiction assez accablante. Il démonte les rouages de cette religion dans son application totalitaire et toute religion monothéiste est en puissance de l'être, c'est sa nature profonde, même celles qui comme le marxisme n'affiche pas de Dieu, c'est le plus souvent ce con de prophète qui compte, qu'il s'appelle Marx, Mahomet ou Christ voire Moïse ou Bouddha. Ces mécanismes totalitaires qui génèrent un monde sans connaissance, sans espoir, sans pensée, un monde machinal dominé par la peur, par une foi aveugle faite d'automatismes, de réflexes sectaires bien réglés, ressemble d'ailleurs à s'y méprendre, par bien des égards, à d'autres dictatures assises, elles aussi sur la misère du monde. Boualem Sansal est un écrivain puissant et il a su nous donner une autre version de 1984 d'Orwell, la lecture en contrepoint des deux œuvres nous donnerait d'ailleurs de bien intéressantes similitudes dont l'auteur est parfaitement conscient. Ce qui est important, nous dit-il, ce n'est pas la foi parce qu'une foi peut en remplacer une autre, - nous le savons bien nous autres européens qui voyons des bandes de crétins et de connes encapuchonnées, souvent échappés du christianisme se précipiter dans les bras de l'Islam, l'un vaut l'autre, seul le niveau de nuisance du second est aujourd'hui infiniment supérieur à celui du plus vieux, - mais c'est l'interdiction de douter ! Dans ma fréquentation de musulmans d'habitude, ce qui m'a le plus frappé c'est le caractère automatique de la croyance, c'est l'absence totale de remise en cause, c'est cette interdiction de douter installée en grande partie sur des pratiques machinales, devenues dépourvues de signification et qui affichent aux yeux d'un observateur attentif le coté résolument sectaire de cette religion. Mais une religion, n'est jamais qu'une secte qui a réussit et la prière, par exemple, les litanies ânonner inlassablement, les corans réciter ou psalmodiés indéfiniment, ne sont rien d'autres que des lavages de cerveaux ! Il est effrayant de penser que dans le monde on enseigne à des enfants à déblatérer sur des airs stéréotypés ces monceaux de conneries en guise de tout savoir ! Une simple lecture du Coran laisse ébahi, rarement un tel amas de stupidités délirantes n'aura été envahi d'autant d'invocations à une prétendue puissance supérieure et de condamnations, de stigmatisations de l'Autre ! L'homme dans la société religieuse, n'existe pas, il n'y a que les puissants, invisibles, et les autres, la piétaille, certes hiérarchisée, mais sans importance autre que celle de rouage aveugle de la machine. Là également c'est le but de tout totalitarisme et on sait par le christianisme comme par l'Islam quel appoint peut-être à un régime absolu ces religions de l'acceptation aveugle.

La lecture du livre de Boualem Sansal est prenante, comme pour toutes ces œuvres qui démontent un système, l'accès doit être volontariste mais on est rapidement récompensé et on se laisse entraîner dans la découverte d'un monde qui hélas n'est pas aussi imaginaire qu'on pourrait l'espérer et qu'il ne faudrait pas cantonner comme le font déjà certains critiques à quelques pays musulmans en crise. Je le répète, l'auteur démonte le machinisme religieux, mais le produit de cette machine infernale ressemble inévitablement à d'autres, générés par d'autres causes. A chaque fois qu'un impératif s'impose au monde, qu'il s'appelle Dieu, finalité historique ou nécessité économique ou bien encore supériorité raciale ou nationalisme, on est en face d'une imposture qui vise à déposséder l'homme de son destin.

Qu'on ne s'y trompe pas, les salauds qui nous gouvernent et qui se prosternent devant la mondialisation, qui nous lavent le cerveau et détruisent nos sociétés au nom d'impératifs économiques, ne valent pas plus que les Prophètes de religions merdiques. L'ignoble société que nous décrit Boualem Sansal peut être le produit de diverses théories comme elle l'a déjà été par le passé, elle est en cours de formation, d'origine religieuse et économique chez nous, l'armée des chômeurs et des décervelés (pas forcément les mêmes) en est les premiers effets. Un Président et son Premier ministre, les yeux braqués sur des indices, attendant que "la courbe se retourne" comme une armée d'ayatollahs attendraient que le blé pousse par l'effet de la prière, et se foutant conjointement du monde, en sont les prémices avancés et les agents.

Il faut lire ce roman qui devrait libérer la parole et dont on peut souhaiter qu'il aide les bizounours à sortir de leur léthargie et qu'il renvoie au ridicule de l'anticommunisme primaire cette connerie égale qu'est l'islamophobie !

"Croire que l'avenir nous appartient parce qu'on sait est une erreur courante. Dans un monde parfait, il n'y a pas d'avenir, seulement le passé et ses légendes articulées dans un récit de commencement fantastique, pas d'évolution, aucune science ; il y a la Vérité, une et éternelle, et toujours à coté est la Toute-Puissance qui veille sur elle." ; " Le savoir, le doute et l'ignorance découlent d'une corruption inhérente au monde qui bouge, le monde des morts et des vilains. Aucun contacte n'est possible entre ces mondes. C'est la loi, un oiseau sorti de sa cage, fût-ce le temps d'un battement d'aile, doit disparaître, il ne peut y retourner, il chaterait faux et sèmerait la discorde. Il n'empêche que ce que l'un a vu, entrevu, rêvé seulement, un autre, plus tard, ailleurs, le verra, l'entreverra, le pensera et peut-être celui-là réussira-t-il à le tirer à la lumière de manière que chacun le voie et entre en révolte contre le mort qui le squatte." pp 40-41 Ces deux citations se suivent dans le roman, je ne les ai séparées que pour marquer les deux versants décrits. " Dans son infinie connaissance de l'artifice, le Système a tôt compris que c'était l'hypocrisie qui faisait le parfait croyant, pas la foi qui par sa nature oppressante traine le doute dans son sillage, voire la révolte et la folie. Il a aussi compris que la véritable religion ne peut rien être d'autre que la bigoterie bien réglée, érigée en monopole et maintenue par la terreur omniprésente. "Le détail étant l'essentiel dans la pratique", tout a été codifié, de la naissance à la mort, du levers au coucher du soleil, la vie du parfait croyant est une suite ininterrompue de gestes et de paroles à répéter, ..." p 46 " La rencontre explosive de la Liberté et de la Vérité. Cette occurrence ne s'était jamais produite depuis qu'Abi [Mahomet] a parfait le monde par le principe de la soumission et de l'adoration." p 195 " Sous le règne du Gkabul [Le livre sacré], le Grand Œuvre est achevé : l'ignorance domine le monde, elle est arrivée au stade où elle sait tout, peut tout, veut tout." p 211

Une critique sommaire et sonnante comme je les déteste : Philippe Franceschi : La littérature et le Bien : Boualem Sansal.

Il y a de nombreuses années maintenant, un critique aujourd'hui membre de l'Académie française, publiait en un numéro spécial d'une revue hebdomadaire, un recueil d'articles dont il était apparemment fier et dans lesquels il démolissait avec brio des auteurs à la réputation établie tel Kafka. Le seul problème était que ces critiques n'étaient que de brillants exercices de style, totalement vides, partisanes, partisanes du me faire valoir seulement. L'article de ce Monsieur qui écrit dans une Revue que j'aime est du même genre. Il s'agit de démolir mais là, au nom d'une idéologie culturelle : on ne peut écrire si on doit être récupéré par l'armée du Bien. Du même, pour cette dernière, si l'on peut l'être par celle du Mal, on l'a vu avec le sort réservé à Richard Millet, Boualem Sansal ayant d'ailleurs eu la sottise de se joindre à l'Armée pétitionnaire : on n'a plus le droit d'écrire quand on est étiqueté dans l'armée du Mal ou au contraire, on devient très mauvais dès que l'on peut être classé dans l'armée du Bien !

Ah ! ces armées ! Personnellement je n'ai rien à foutre de ces deux armées de cons enrégimentés : j'aime ce qui me plaît, je déteste ce qui me déplaît, je peux reconnaître des qualités à ce qui me déplaît et des défauts à ce qui me plaît. Je n'ignore pas que ce qu'on appelle un jour l'armée du Bien peut devenir l'armée du Mal le lendemain et vice et versa. Boualem Sansal, comme Richard Millet est issu d'un parcours particulier dont est issue sa littérature . Il  a couru des risques et en court peut-être encore tout comme Richard Millet : ce n'est pas en vain que l'on défie les cons ! On est d'abord dénoncé par les ennemis ordinaires, on les appelle des modérés, des intellectuels, selon le cas, ensuite viennent les pétitionnaires ou les mécènes qui s'attaquent aux moyens, puis, tout naturellement, les fous massacrent ceux que les autres leur ont désigné. Bien entendu, les dénonciateurs ne prennent aucun risque. Barrès n'a pas tué Jaurès ! Il a seulement fortement incité à le faire, bien au chaud du fond d'un bureau qu'il ne quittera jamais, ce grand patriote n'était pas fait pour le combat ! Mais, me direz-vous, courir des risques ce n'est pas être un grand écrivain ! Evidemment et Salmann Ruschdie en est la preuve ! Je n'ai pas attendu 2084 pour reconnaître les qualités littéraires de Boualem Sansal. Il devrait "approfondir sa phrase !" Tous les écrivains ne sont pas condamnés à écrire comme Proust, Béhaine ou Millet ! Il y a d'autres styles que le ressassement litanique cher à Péguy par exemple que j'apprécie. Critiquer, ne pas apprécier, cela est permis, cela est un droit. Mais Philippe Franceschi écrivant sur Boualem Sansal, déversant des clichés, des jugements tout faits, dans un mouvement vif et brillant en n'oubliant pas l'indispensable référence à Phillipe Muray - comme quoi tout peut devenir du prêt à penser ! - me donne l'impression d'un grand honnête homme de même nature que ce pauvre Le Clézio quand il écrit sur Richard Millet ! Je serais presque encore capable de pitié !

 Gouverner au nom d'Allah - Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe.

Même s'il n'est pas littérairement son meilleur ouvrage, cependant très bien écrit, concis et clair, cette étude - il ne s'agit nullement d'un pamphlet - de Boualem Sansal vient à point dans notre pays perdu dans sa confrontation avec l'Islam dans les délires angéliques d'une gauche incapable et d'une droite qui cherche comment l'exploiter, pour faire une sorte de bilan apte à nous aider à appréhender la situation actuelle, non seulement du monde arabe, mais du notre qui ne peut être indifférent à ce qui se passe à ses frontières quand il compte parmi ses nationaux quelques millions de musulmans. Sansal ne nous donne peut-être pas les réponses mais il rappelle l'histoire et tente de décortiquer le présent à la fois simple et compliqué. Que ce soit la Nation arabe, l'Islam confronté au monde moderne mais également à sa propre vie dans des sociétés qui, nécessairement tendent à évoluer ou l'Islamisme dans sa forme violente, il tente de nous mettre en situation par rapport à nos ennemis ou à ceux qui dans ce combat que nous livre un ennemi dépourvu de tout scrupule et ivre de pouvoir peuvent devenir nos amis. Il ne conclut pas et pose une des questions que nous nous posons tous : les évolutions récentes du monde arabe, les conflits ouverts égyptien, tunisien, libyen, syrien, souterrains au Maroc, en Algérie et dans bien d 'autres pays, sont-ils la montée de l'Islamisme triomphant des dictatures laïques et corrompues qui s'inspiraient de l'Occident soit directement soit au travers de son fils dévoyé le communisme ou bien au contraire une sorte de chant du cygne bientôt acculé par les jeunes, les femmes et tous ceux qui rejettent une version rétrograde et barbare de la religion ? En tout état de cause, il nous situe parfaitement un Islam conquérant dont le projet est la domination des pays musulmans d'abord, du monde ensuite, dans l'ombre des monarchies pétrolières qui s'en servent comme d'un paravent à l'abri duquel elles peuvent tranquillement dépouiller leurs peuples de ses biens matériels. Difficile de résumer sans le trahir ce livre intelligent - plus que mon pauvre commentaire - et bien documenté. Il faut le lire, même si l'on reste après cela dans l'expectative, on sera mieux à même de déchiffrer et de tenter de comprendre ce qui se joue sous nos yeux. Une chose est cependant certaine aux miens, il faut être vigilants chez nous, prudents dans nos interventions extérieures qu'il serait dangereux d'abandonner à des escrocs intellectuels comme BHL ou des fous dangereux comme Nicolas Ier. Il faut nommer les choses, désigner c'est déjà résister. Rappelons-nous les slogans imbéciles des communistes inféodés à l'Union soviétique et aux compagnons tels que le brouillon et médiocre Sartre qui dénonçaient toute critique la stigmatisant sous le terme "d'anticommunisme primaire" ! Aujourd'hui, quiconque se permet de dire son opinion sur les islamistes et sur les musulmans dont le silence et souvent la complicité sont parfois inquiétants, se voit qualifier d'Islamophobe tout comme celui qui n'est pas d'accord avec la politique des extrémistes israéliens devient un antisémite. La gauche a toujours été prompte aux excommunications sommaires(*1) prenant en cela le relais du catholicisme qu'avaient combattus les radicaux (et ni les socialistes - les vrais - ni les communistes), le silence, la chape de plomb que la bienpensance imbécile qui détruit ce pays, fait peser par une censure soit disant "morale", sont un crime contre les français au nombre desquels et en première ligne les musulmans intelligents désireux de vivre leurs croyances dans la paix et le respect des autres. Sansal, pour en revenir à son livre, constate bien entendu que c'est, chez nous, sur le terreau des échecs locaux que s'installe et recrute l'islamisme. Les religions sont dangereuses pour les démocraties surtout quand celles-ci sont, comme en France, vacillantes et trahissent tous leurs idéaux sous la domination de médiocres profiteurs incompétents (L'Ump, le Ps et leurs complices). On fera en lisant ces quelques lignes le tri entre mes commentaires improbables et ce qui ressort du livre de Sansal et on se précipitera sur ce dernier seul à même de rendre compte de la pensée et du travail de son auteur.

(*1) Ce d'autant plus qu'elle n'a plus aujourd'hui de socialiste qu'un vague credo prétendument droitdelommesque qui ne l'empêche pas de vendre les français aux puissances financières qu'elle dénonce et qui fut à la grande époque du socialisme dans une version bien plus digne, l'apanage d'une minorité évoluée menant le combat réel sur d'autres fronts. Epoque qui vomirait les imposteurs, Hollande et ses complices libéraux.

 Le Serment des Barbares (1999)

 Ce livre dormait sur un rayon de ma bibliothèque (formule consacrée pour dire qu'il était stocké quelque part dans le chaos de mes livres) depuis 1999, c'est peut-être un scandale que de laisser ainsi dormir un chef d'œuvre, mais tant que nous ne l'avons pas lu comment savoir qu'il est un chef d'œuvre ?

Je n'évoquerais pas Rabelais pour dire que la langue qu'emploie ici Boualem Sansal, dans son premier roman, est flamboyante. Ce n'est pas une langue truffée de mots de patois mais notre langue, pleine de formules magnifiques, d'aperçus géniaux, j'en ai noté des dizaines et n'en citerai que quelques uns parce que je ne peux pas reproduire tout le livre. L'auteur peuple son récit d'images fortes qui couvrent un désespoir combattant. (Anatole France avait un scepticisme combattant). Ce livre est certainement ce qui a été écrit de plus beau et de plus fort depuis des dizaines d'années en français. Sous couvert d'une enquête sur deux crimes commis dans un quartier industriel d'Alger, un inspecteur de police âgé, regarde et se souvient. Présent intimement lié au passé, par ses yeux l'auteur nous dresse un portrait au vitriol de la société algérienne qui, parfois, inévitablement, nous renvoie à notre passé. L'emploi d'un style particulier sur quatre cents pages denses ne va pas sans risques. Contenu dilué par le style (Proust, Millet, Simon ...) qui contraint le lecteur à revenir souvent sur ce qu'il vient de lire ou à sacrifier le sens à la musique. Ici, le style sert la colère - car, comme le dit Hamid Grine (Sur les allées de ma mémoire) Sansal est un homme en colère. L'intensité du style se relâche parfois au profit du récit, quelques lignes seulement pour mieux rebondir et les images fortes, les bonheurs d'écriture, nombreux, empêchent l'assoupissement dans la mélodie du style. Bref ce style épouse bien le contenu c'est ce qui fait que ces quatre cents pages ne laissent pas fléchir l'attention du lecteur, c'est ce qui fait de ce roman une œuvre exceptionnelle. On pourrait en extraire de nombreuses formules, pour le plaisir, pour le sens, telle : "Ceci est la vérité des contes barbares : la vie passe, la lie reste." p 372 "Les Algérois qui ne vont plus nulle part, vous disent avec une certaine commisération qu'y aller par Rouiba est le pire des chemins." p 9 "La description des Islamistes est un petit chef d'œuvre : "... la tournure d'esprit du musulman overdosé est de se croire indispensable et, de plus, comptable agréé par le Créateur de ce qui vit et périt ici bas. C'est une vie énigmatique et dangereuse pour le passant qui ne fait que passer dans la vie. A ces gens, il manque un boulon et c'est dans les ossements qu'ils le cherchent. Il regarde la vie comme un dû à la mort et en Dieu ils voient un liquidateur de comptes." Il y a là la verve mais également le trait qui fait la justesse d'un portrait qui pourrait aussi bien s'appliquer aux inquisiteurs catholiques ou aux zélés calvinistes de naguère, plus raffinés certes, qui agissaient dans le vice. "Ses deux fils, vieillis avant l'heure, menaient calvaire ailleurs ..." p 26 "... l'écho tourna du mieux qu'il put ; le son satura tant et plus ; quelqu'un incrimina Larsen Upin, l'inventeur du tympan crevé. ..." pp 55-56 La dérision est évidemment de la partie : "Nous étions des musulmans pacifiques, ne brutalisant jamais que nos femmes et nos sœurs ..." p 78 Un style fulgurant, flamboyant, semé d'éclairs et de bonheurs d'écriture qui donnent un plaisir de lecture même si le fond n'a rien de réjouissant. La littérature à ce niveau a un pouvoir immense de transposition. Soudain, on s'arrête et on s'interroge sur l'auteur, comment, la tête pleine de ces images, ne serait-il pas toujours en colère ? Ou bien sont-ce les événements, les choses et les hommes, alimentant la colère qui suscitent les images ! "Mais la France aime ses généraux et se sacrifie volontiers pour eux. Le tic nous est resté avec celui de violer les enfants qui nous vient des Turcs et celui d'égorger les femmes appris des Arabes, mais pas sa manie de tout mettre en vers et en musique." p 103 "Je me demande parfois où et quand j'ai fait le maquis tant il y a de gens qui l'ont fait à mes cotés." p 141 "Je voudrais que tu te reportes à cette époque curieuse où nous étions des Français pas comme les autres et qui fait de nous des Algériens comme personne sur terre ..." p 209

Quand on déterre les morts c'est pour mieux baiser les vivants, nous le savons bien nous qui voyons les pétainistes nains s'agiter sur la tombe de de Gaulle et les socialistes libéraux péleriner sur les traces de ce Maître en traîtrise et imposture, faute de mieux, - ils doivent craindre que Jaurès, l'assassiné, leur saute au cou s'ils l'approchaient tout comme les enfants de chœur craignent d'être foudroyés s'ils avalent l'hostie après avoir siroté le picrate du curé. Pages 214-215, l'auteur nous rappelle que l'Algérie crève sous l'exploitation de ses martyrs par des imposteurs. Pages 222-224, les animaux à la télé ... Les vives formules ne manquent pas : "L'Algérie est morte sous le mensonge, le dire ainsi n'est vérité que pour les malheureux, les menteurs vivent royalement de sa dépouille." p 240. "Ne parlons pas de la religion ; c'est une bombe à mèche courte ; on ne peut même plus dans la chienlit de ses peurs rêver de son paradis sans tomber entre les mains de ceux la gardent comme une forteresse." p 243 "... la fille commandée, engagée fissa dans la course contre la montre coud et tricote son trousseau ; le bonheur lui donne des ailes ; changer de nid était son rêve, devenir la poupée d'un singe en Adidas son fantasme vivant." p 272 Là, on rebondit sur un cliché ... ailes - nid. Les vieux : "Acculés dans la démence, ils font grincer les chicots et s'envoient des torpilles mitées." p 280 Dans la même page, les enfants ... Quand Boualem Sansal écrit : "L'ère démocratique n'est pas la meilleure qu'on ait subie." p 328, cela pourrait nous être appliqué si la France n'était pas qu'une ombre bien pâle de démocratie depuis longtemps empapaoutée sous les magouilles droito-droitofauxsocialos. De même nous concerne : "Et chaque soir, à l'heure des incantations et des panégyriques, quand on ne sait s'il faut se laisser mourir un peu plus ou se taire à jamais, la méchante télé viendra nous montrer ce qu'ils ont fait de ton beau pays et t'annoncer la météo de demain." p 329. Je ne peux m'empêcher de revoir, entre autres en lisant ces lignes, la sale gueule veule et dégoulinante d'hypocrisie d'un certain Maire de Seine-et-Marne tout occupé à faire patelinant à la façon d'un Jésuite en rupture de ban, son propre éloge.

Mais c'est presque tout ce qu'écrit Sansal qui pourrait s'appliquer aujourd'hui à la France, la Résistance servant de guerre de libération même après qu'il n'y ait plus de résistants (il n'y en a d'ailleurs jamais eu beaucoup) à ce malheureux pays en cours de liquidation entre les mains des voyous patentés souvent chevaux de retour en héritage du pétainisme, Maîtres en tours de passe-passe, accrochés aux flancs de la bête qui tente encore quelques pas avant de s'embourber dans un quelconque désert, ivre d'une illusoire grandeur passée, puisque passée, c'est-à-dire : n'existant plus que dans la mémoire de ceux qui ne savent plus rêver depuis longtemps, prisonniers de leurs bassesses au jour le jour et petitesses corruptions.

Les femmes encore : "En ces terres où les cactus poussent dans les têtes, elles font la noce avec des primates drogués, soumettent leur ventre à des cadences infernales, reçoivent du fouet pour rétribution, puis se font dévorer par les crocodiles. C'est pas juste, ministre, chômeur ou renégat, l'homme est mieux vu alors qu'il ne produit rien, sauf des spermatozoïdes et des déficits." p 346

 Dis-moi la Paradis,

C'est le troisième livre de cet auteur dont on nous dit qu'il est un haut fonctionnaire algérien. On se rappellera surtout de l'Enfant Fou de l'Arbre Creux, certainement le meilleur livre de l'année 2000. Il faut s'habituer à ce nom, il faudra du temps certainement pour reconnaître que le meilleur écrivain actuel de langue française est algérien ! Moi, je trouve cela plutôt réconfortant ! (Ecrit en 2003, lors de la parution de ce livre)

 Rue Darwin : Quête d'identité difficile d'un narrateur qui traverse l'histoire et ses aléas à la marge d'un pouvoir occulte qui se nourrit de sa propre histoire et repose sur ses propres héros, ici héroïnes car cette histoire s'écrit en fait au féminin comme France et Algérie.

De cette œuvre foisonnante on pourrait tirer des dizaines de citations, on devrait la citer entièrement, chaque page offre l'occasion de s'arrêter et de méditer, on pourrait aussi bien laisser faire le hasard pour tenter de donner une idée de ce qu'elle nous apporte. Contenu, forme, le plus souvent les deux à la fois comme dans tout grand livre, (le style n'est rien s'il n'épouse le contenu), tout, je l'ai écrit plus haut prend une dimension mythique, c'est du Kadaré qui aurait trempé sa plume dans une fontaine de mots et des formules qui n'auraient pas appris à ruser avec le pouvoir, car Sansal ne ruse jamais, pour lui, le lâche est l'équivalent du terroriste. Il y a le style, la vivacité du récit, l'imaginaire et une réalité damnée, une réalité de putasseries, qui court dessous, suinte de partout et émet des résonances qui tintent longtemps dans nos cerveaux fragiles, à peine rescapés de toutes les horreurs passées, présentes et à venir - un homme n'est jamais, dans ce monde, qu'un rescapé. L'Histoire est pourriture et les civilisations ne sont que le fumet de cette pourriture.

"Seigneur de miséricorde, pourquoi cela, sans hommes libres pour les aimer, les enfants ne sont pas des enfants mais des clones de monstres apeurés, irresponsables. De ton Islam, tout blanc, très vénérable et festif, ils ont tiré un breuvage de sang et d'amertume et s'en saoulent comme jamais mécréant ne l'a fait avec son impiété. Mais bon, ce monde est le tien, tu l'as créé et certainement tu sais pourquoi. " p 35 " Vivre n'est que porter le deuil de soi. " p 45 La semaine passée à hanter la rue de son enfance, le narrateur l'appelle : " la semaine sainte " p 45 Ce regard que porte l'enfant sur ce qui entoure la mort de son père, sur les rites, est celui d'un "occidental". Il est celui que l'homme - écrivant - prête à l'enfant, il n'est pas celui de l'enfant dont l'horreur a peut-être existée, autre. (pp 52-53) Celui qui se souvient est comme un enquêteur qui n'aurait pas revêtu de combinaison sur une scène de crime : il l'a pollue. " Le monde avait changé, il refusait la mortification, il prenait plaisir à vivre dans la chair, ouvertement, et ni la misère, ni les violences ni les prêches ennuyeux ne l'en dissuaderaient jamais. " p 56 Boualem Sansal peut écrire de telles choses sans que le lecteur ordinaire ne s'y arrête parce qu'il n'y a là aucun jugement moral, une simple constatation, celle d'une évidence. La grand'mère, chef de clan, dit : " C'est assez que mes gens croient en Dieu, davantage ça rend fainéant et querelleur. " p 58 " L'homme est une bête abominable et cette bête vit en troupeau, or la vie en troupeau c'est ça, dévorer ou se faire dévorer, dominer ou être dominé, et dans cette affaire la femelle est une bête à part, inutile et déplorable, cruelle et insatiable. " p 76 " Du village, je n'ai rien à attendre. Il était ainsi au commencement, avare et insignifiant, et je crois que dans les siècles de siècles il sera égal à lui-même. Les villages ne changent pas parce qu'une guerre est passée sur leurs corps, ils ne cèdent pas à la tentation de la nouveauté, au plaisir ou à la nécessité. Ils ont l'habitude, ils ont toujours été sur le chemin de la guerre, ils les ont toutes vues passer, marchant d'un bon pas vers la grande ville, soudards en tête et pillards en queue, c'est là que les seigneurs ont leurs quartiers, c'est avec eux qu'il faut s'entendre ..." pp 99-100 " On dira ce qu'on voudra, on se gargarisera de mots, mais les bombes dans les cafés et la gégène dans les caves, çà n'est vraiment pas la guerre, il n'y a pas de promesse de paix dans ces merdiers sinon celle des charniers, et la preuve en est que jamais la paix n'a montré le bout du nez par ici et jamais les relations entre les deux pays n'ont été sereines. " p 107 " Et en France, je me le demande constamment : qu'est-ce qui a changé ?" p 108 C'est un livre terrible qu'a écrit Boualem Sansal. Des dirigeant arabes de 1973, Boumediene en tête : " Ces gens aiment trop tuer pour cesser de le faire. " p 117 " Un grand maigre ascétique qui flottait dans une tenue de combat tirebouchonnée. La télé l'embellissait beaucoup avec ses lumières et ses couleurs, au naturel il était tout ce qu'il y a de quelconque, un pauvre malade agité et sombre, comme les autres il avait des mouches dans la tête. " p 115 " Rassurer est un travail laborieux, de chaque instant, le moindre silence, la plus petite hésitation et voilà le doute qui revient au galop et l'angoisse de leur mort qui sourd de partout. Il faut constamment ramer, colmater, distraire, ennuyer, surprendre, disputer si nécessaire. " pp 122-123 Description indirecte mais si réaliste des pourris de politiciens. p 124 "... elle était dans la communication, un grand cabinet d'Ottawa ..."

De ce grand roman, on peut tirer beaucoup de choses à différents niveaux. Le narrateur est en quête d'identité, mais il est l'héritier de la reine d'un clan, une reine toute puissante. Il est en exil, déchu et en exil, mais l'exil, il le connaît chez lui, dans cette Algérie dont les maîtres ont fait une prison. Une autre gouverne à sa place, elle vit en Suisse sur un monde d'évadés. "... ils disaient que les musulmans soudain ambitieux et avares, demandaient trop à leur religion, le beurre et l'argent du beurre, le pouvoir ici et la haut, tandis qu'à mes yeux le problème était dans l'Islam lui-même, qui pousse ses partisans à l'orgueil, à l'exclusive, qui les désigne comme juges et protecteurs suprêmes de l'univers alors qu'ils ont déjà du mal à nourrir leurs enfants et à se débarrasser de leurs affameurs. Trop c'est trop. L'Islam et les musulmans ne sont peut-être simplement pas compatibles. " p 153 " C'est avec des légendes qu'on gouverne les peuples, et les légendes ont besoin de temps en temps d'être convoquées pour que l'on continue à croire à leur destin. " p 177 "... le Vel d'Hiv et l'extermination ces abominations m'avaient interpelé. Elles ont dû altérer des choses essentielles dans l'univers, pensais-je, mais on ne sait pas quoi, la gravitation universelle, la dignité de Dieu, le mouvement du temps, peut-être le principe même de la vie, nos descendants jusqu'à la nuit des temps en subiront les effets funestes. " p 196 L'Islam, pages 200-202. " Quand son temps est passé, vivre est une douleur extrême. " p 219 "... c'est l'humilité des jours qui fait la beauté et la grandeur du temps. " p 220 " Elle était le pouvoir, elle voulait autour d'elle un peuple soumis, et heureux tant qu'à faire, à l'image d'un Dieu qui voudrait une humanité à genoux, priant et remerciant pour des bienfaits à venir, et tant qu'à faire vibrante d'allégresse. " pp 235-236 " On habite ses légendes plus qu'on les fait, et toujours elles sont trop grandes pour nous. " p 236 " Une sentinelle qui dort et c'est tout un peuple qui dort. " p 236

Petits débats autour d'un prix. Il semble que le Prix du Roman Arabe remis à Boualem Sansal en 2012, n'ait pas fait l'unanimité des donateurs (des états arabes). On reprochait à l'écrivain une visite en Israël où il s'était rendu à l'invitation d'écrivains israéliens. Le Prix se cherche donc de nouveaux donateurs, mais Boualem Sansal l'a bien reçu. Encore une fois, amusons-nous de ces prix qui sont le plus souvent attribués à des écrivains qui dépassent de la tête et des pieds ceux qui les couronnent, c'est un cas assez habituel que les Nobels semblent vouloir résoudre en attribuant le prix à des écrivains "à leur hauteur", c'est la littérature qui y perd, mais un Kadaré, un Sansal, ont-ils besoin d'un prix pour être de grands écrivains ?

Bibliographie :

- Le serment des Barbares (Gallimard 1999)

 

- La Voix (Plaquette - Le Monde-Gallimard 2001)

 

- L'Enfant fou de l'Arbre creux (Gallimard 2000)

 

- Dis moi le Paradis (Gallimard 2003)

 

- Haarraga (Gallimard 2005)

 

- Poste restante (Gallimard, Folio 2006)

 

- Petit Eloge de la mémoire, Quatre mille et une années de nostalgie (Gallimard Folio2)

 

- Le Village de l'Allemand (2008)

 

- Rue Darwin (Gallimard 2011)

 

- Gouverner au nom d'Allah - Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe. (Gallimard 2013)

 

- 2084 La fin du monde.

 

Une bibliographie très complète figure sur Wikipédia. Boualem Sansal a reçu beaucoup de prix mais pas le Goncourt, attribué par des vieux cons se prenant au sérieux et trop rancis pour couronner un écrivain original, sortant du cheptel habituel calibré et standard, et, de surcroît, Algérien !

 

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