AUTEURS : Les auteurs présents sur ce site

 

LES ŒUVRES : Leurs oeuvres 

TEXTES FONDAMENTAUX

et GRANDES POLEMIQUES

 

EMILE DURKHEIM                MICHEL ONFRAY (Freud) -

 

MICHEL ONFRAY (Camus)            MICHEL ONFRAY (Sade)

 

JEANNETTE BOUGRAB                 NANCY HUSTON

 

                        ALEXIS JENNI                            Alain Finkielkraut

 

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 Alain Finkielkraut : La seule exactitude. Décrasser les cerveaux !

Voilà un homme qui, avec deux compères qui ne se sont pas choisis, Michel Onfray et Régis Debray, sont censés "faire le jeu" du Front National, dixit la vulgate libéralo-gauche-caviarde. Comme si Hollande et Sarkozy, les deux impayables, ne suffisaient pas largement à faire "le jeu" du Front national ! Le seul assemblage de ces trois noms sous une accusation aussi farfelue, suffirait à faire exploser de rire n'importe quel enfant sachant lire (donc pas un petit français prisonnier de l'Éducation nationale) ! Ce qui se passe est simple. Les turpitudes de la droite UMP, pseudo républicaine et du PS, pseudo socialiste, sont telles qu'il est interdit d'en parler sous peine de ... faire le jeu du fameux Front national. Ainsi, quand le cancer grignote l'organisme, il convient de ne pas le dire au médecin, car ce serait faire son jeu ! Curieuse conception de la médecine, non ... de la démocratie, car en démocratie, le médecin suprême, c'est le Peuple et il se pourrait qu'il manie un remède qui ne sera pas du goût des fauteurs de maladies !

Le livre de Finkielkraut n'est pas un essai, une série de réflexions, assez courtes, sur des sujets proposés par l'actualité, qui recouvrent des problèmes et des thèmes de fond. Le parti-pris est de ... penser ! Quel crime ! Penser sans se référer aux directives de la bienpensance érigée en règles absolues puisqu'aujourd'hui, on va devant les tribunaux pour tenter de l'imposer ! c'est le dernier crime !

Je ne suis pas toujours du même avis que Finkielkraut, mais ce n'est pas là l'important. L'important, c'est de remettre en cause le tout-prêt-à-penser ! La démarche de l'auteur à cet égard est exemplaire. Il y a, rapportées dans ce livre, des choses qui laissent pantois. Je n'en citerais qu'une : "On ne peut concevoir que certains élèves aient plus de culture commune que d'autres." (François Dubet) Qu'est-ce qu'une "culture commune" ? L'égalité est-elle le contraire de la différence ? La culture est-elle obligatoire et limitée à son plus petit dénominateur commun ? Sous la plume d'un théoricien de l'éducation, cette phrase stupide est inquiétante ! L'école laïque, en cours de liquidation, qui n'est plus qu'une fabrique à crétins disponibles pour le Rap, - culture commune obligatoire ? -, doit-elle s'aligner sur les moins performants dont certains, de nombreux, non-performants parce qu'engagés dans des directions qui ne leur conviennent pas comme l'école prolongée ?

Il faut lire ce livre avant de se faire une opinion et je suis certains que bien des certitudes dictées se dissoudront d'elles-mêmes.

 Alexis Jenni : La nuit de Walenhammes : UNE OEUVRE MAJEURE pour qui veut voir fonctionner notre monde.

"On ne peut pas faire autrement." A la dernière page, dans les dernières lignes de ce roman, Alexis Jenni nous rappelle cette phrase que colporte tous les salauds, experts, politiciens, patrons, financiers, ou simples crétins, de la mafia libérale : "On ne peut pas faire autrement !" Quand Sarkozy pense à tout le fric que pourra lui faire gagner, à lui, le fort (il se prend pour cela) le système libéral, il ressent : "... une douce tension de la queue, une douce constriction de l'anus qui s'assouplit pour accueillir ce qui vient ..." je détourne, à peine, les propos de l'auteur. Je ne me suis pas arrêté à ce livre parce que son auteur avait reçu le prix Goncourt en 2011, j'avoue que m'intéressant si peu à ce prix je ne l'avais même pas remarqué. Je m'y suis arrêté parce qu'enfin un roman me parle d'autre chose que des pauvres histoires de cul et des galipettes, excusez-moi, de couples et d'amour, de gens désœuvrés et sans intérêt. Je dois dire qu'après quelques réticences dans les premières pages, je suis entré dans le roman sans hésitation, avec faim. C'est toujours un signe de talent que de retenir le lecteur dans un récit descriptif à l'argument assez mince et Alexis Jenni réussit remarquablement cet exploit. De même, j'ai encore été agacé avant de me rendre à ces considérations, par des petites remarques, sur des choses de la vie quotidienne dont ces pages sont émaillées, mais cela fait partie de l'art de l'auteur de tracer pour les lecteurs à venir, ceux de ce qui nous suivra ou remplacera, ce qui marque notre quotidien et il y réussit très bien et ce quotidien, c'est de quoi est faite notre défaite, car "nous avons échoué." . Le héros même de ce roman qui nous emmène dans cette grande ville du Nord, friche industrielle, zone de non-emploi qui porte les stigmates de la destruction marquant notre pauvre civilisation malade du libéralisme, en phase terminale ; est une sorte de non-être, il a une existence à la limite du réel avec son statu d'intellectuel précaire, journaleux d'Internet où n'importe qui sera heureux d'écrire à sa place, même gratuitement pour des lecteurs fantomatiques. L'image de notre société que nous renvoie l'auteur est sans concession, accablante, hélas bien réelle et on aimerait que ce parfum de surréalisme duquel elle procède relève de l'irréel tout comme cet Internet virtuel qui devient la réalité farfelue marquant ainsi la décadence irrémédiable avec plus de certitude que les ruines. Mais Internet et l'abstraction ne sont que des signes de fin de civilisation, ce dont crève notre monde c'est le libéralisme, le bon vieil égoïsme cupide censé être le moteur de la société qui se régule seule, par enchantement. Le grand mérité d'Alexis Jenni c'est de nous peindre cette société, de nous en faire fonctionner certains mécanismes, d'introduire de la théorie, sous forme romancée, poétique, dans l'œuvre et cela a plus de force que n'importe quel essai. Les formulations de l'auteur sont le plus souvent percutantes, en situation elles prennent leur plein effet. La nuit de Walenhammes est et n'est pas le roman que j'attendais, sur notre société, sans oser y croire, sans être capable de l'écrire. Il l'est parce que c'est un roman qui couvre largement le thème, un roman social à une époque qui n'en produit plus, une œuvre bien construite je viens de dire tout le bien que j'en pense ; il ne l'est pas parce que ce n'est pas un roman populaire et c'est là, la seule réserve. L'amateur de littérature ne peut pas le regretter, un bon roman, un très bon roman, qui couvre un sujet brûlant en le traitant parfaitement, avec une force de conviction sans faille et un savoir présenter pointu, une œuvre percutante, que demanderait-il de plus ? C'est le citoyen qui aurait espérer un autre roman, peut-être moins bon littérairement, une sorte de Germinal - pardon pour le blasphème : moins bon ! - un roman populaire, facile à lire, plus linéaire inséré dans un récit simple qui montre deux ou trois familles de pauvres, de miséreux au milieu desquelles sont plantés un ou deux personnages emblématiques et en vis-à-vis, quelques uns de ces salauds cupides, stupides, ignares, qui volent le monde, prétendent le gouverner, dans le mensonge, le racket, la sottise ; un roman qui aurait été vendu dans tous les kiosques, rapidement édité en poche ... Alexis Jenni qui a certainement tous les talents, nous donnera peut-être, une sorte de version populaire de l'œuvre présente qui telle qu'elle est, est un grand roman d'un écrivain qui ne passe pas son temps à se gratter le nombril. Bien construit ce roman nous emmène dans la désolation, nous retrouvons au fil des événements les mots, les théories, qui justifient aux yeux de ceux qui profitent du système, toutes leurs saloperies. Il y a même un "J'aime l'entreprise", on se souvient de l'abruti qui proféra fièrement ce slogan imbécile espérant qu'il suffirait à faire oublier cinq millions de chômeurs victimes de sa politique - de sa lâcheté !

" Le monde est chaotique et l'on ne décide plus de rien, il n'est pas d'acte qui ne manque son but, il n'est pas raisonnable d'espérer mieux que d'en dévier légèrement le cours. Mais le monde est si dense, si entremêlé, si tendu, que quoi que l'on fasse il en découlera toujours quelque chose." p 17 " Je t'assure : si la lecture qui défile s'arrêtait d'un coup, leur cœur pourrait lâcher. Heureusement on produit de l'écrit à bas coût, comme on produit la musique des ascenseurs, que personne n'écoute mais qui ne doit jamais s'arrêter, car si le silence survient dans ces lieux clos, le cauchemar commence. Le flux doit circuler, même si l'essentiel de ce qui s'écrit ne mérite pas qu'on l'écrive. Seul compte le mouvement, et les notions que l'on utilisait pour lire des livres, comme l'intelligence, la profondeur ou le style, n'intéressent plus personne en dehors d'un marché de niche." p 79 " Le maître dit : les hommes politiques responsables et informés finissent toujours par comprendre la réalité. L'idéologie n'a plus sa place dans l'économie : il faut être pragmatique.         Le pragmatisme est irréfutable, discuter n'a pas de sens. ..." Ephéméride de Lârbi, p 83 " La révolution installée est parfois sociale, mais pas esthétique ni morale." p 102. Alexis Jenni parle ici du communisme, il fait allusion à ces toiles qui par centaines, en URSS, représentaient les scènes de la vie industrielle, agricole, une peinture épouvantable mais qui était ancrée dans le réel en le transfigurant sous le thème de la société heureuse. L'auteur décrit ensuite " la cathédrale de Walenhammes : le haut-fourneau qui crachait la lave et le feu. Il était laid ? Il est aujourd'hui mort, l'expression de la laideur peut-être mais l'auteur nous la dit par la bouche d'un qui parle pour la ville sinistrée : " On a les monuments qu'on peut en fonction de pourquoi on est là, et celui-là qui est le nôtre nous rappelle le travail qui nous a fait naître, l'énorme travail qui fit que nous vécûmes ensemble. ..." pp 127-128 " Comment [aujourd'hui] occuper ces gens-là ? Ou alors, comment leur faire accepter, dans le calme, d'être désoccupés ?" p 129 " Les experts ne sont pas ceux qui discutent, ce sont ceux qui agissent ..." affirme le maire autocrate de la ville en ruine. p 108. " Essayer de prouver que cet argent gagné est le fruit de son seul mérite, c'est partir avec la caisse." Ephéméride de Lârbi, p 140. " L'économie, fausse science, se manifeste dans le réel par des discours. L'économie est un récit présenté avec le ton imperturbable du théâtre nô, un récit toujours démenti par le réel mais aussitôt remplacé par un nouveau récit qui écrase le précédent, on ne s'aperçoit de rien. Ainsi vont les récits : on croit à celui en cours, qui donne lui-même les clés pour le comprendre. " p 145 " Le seul problème c'est que nos pauvres ne sont pas assez pauvres. Il nous faut faire un effort supplémentaire de pauvreté. ... Il [le peuple] est si docile si on lui explique bien ses intérêts. Avec davantage de pauvreté nous pourrions faire un bond vers l'avenir. " p 150 " Une petite analyse d'une tare du libéralisme dans le chapitre : "Le travail de Charles" avec les abeilles de Mandeville. " Il y a toujours en un point de la démonstration libérale un déni des structures sociales, comme si elles étaient naturelles." "Quel miracle peut donc transformer le vice privé en vertu publique ? On ne le dit pas. On ne veut pas le savoir. On n'avouera jamais qu'il s'agit de la règle et de l'impôt, cela même que l'on dérègle et que l'on allège au nom de la fable de Mandeville." pp 167 et 168. Alexis Jenni met à nu le système libéral, dans le chapitre "La promenade de Medef (un chien) il décortique la loi de l'offre et de la demande toujours faussée. pp 204-209. " Ce qu'a inventé l'Est est chez nous aussi, et ce qui a détruit l'Est est au cœur de nos vies mais nous ne le voyons pas, car nos portes ferment, nos voitures clignotent, et nos vêtements ont plus d'allure avec leurs jolies couleurs. Nous devrions autopsier le cadavre de l'Union-soviétique, cette grande baleine morte, plutôt que nous boucher le nez : elle a beaucoup à nous apprendre sur ce que nous vivons." p 218 " Que fait Charles Avril, [le héros] au fond ? Pas grand chose. Mais quelqu'un sait-il encore, dans ce monde qui s'effiloche, ce qu'il fait ? ..." p 213 " Tant qu'il restera un gratte-ciel en verre et un magasin de luxe, on pourra penser qu'ici tout va bien, car c'est éclairé. L'obscurité progresse, on coupe le courant à ceux qui ne payent pas, et ceux-là disparaissent." pp 218-219. " Il fit l'éloge de la nouvelle économie en termes enthousiastes, il annonça la venue d'un monde nouveau, où Walenhammes, dit-il, peut avoir une place. c'est tout. Quand il se tut, on réalisa qu'il n'avait rien dit, mais avec beaucoup d'élégance. Cela suffit : ce charme donne l'impression d'un peu plus, et ce plus qu'on imagine est le moteur du monde nouveau qui s'installe. " p 227 Cela ne fait-il pas penser à beaucoup de nos connards politiques qui parlent avec assurance pour ne rien dire ? et à ces chroniqueurs qui, inlassablement, commentent ? Le discours - le monologue du Maire (pp 234-235) " C'est la nature elle même qui veille à la répartition des biens. Pourquoi compliquer les choses ? Le monde est naturellement à l'équilibre. N'ayez pas peur de l'ordre spontané, il est toujours le meilleur, puisqu'il existe. " " Les bonnes décisions se prennent seul ; et qui est le plus capable ? Celui qui réussit. l'argent est le réel, et le réel ne ment pas." " Il nous faut aussi des pauvres. mais ils ne sont pas assez pauvres, ils ne veulent pas l'être, il y a l'école qui leur apprend à ne pas accepter de l'être. Il faut dézinguer l'école, où l'on apprend cette absurde égalité qui nous fait tant de mal." p 235 " Si le but est de survivre, pourquoi se priver d'un moyen de survivre ? Il n'y a pas de règles, il n'est que Dieu pour moraliser l'économie, mais le culte de l'homme peut avoir le même effet. Si on écarte Dieu, si on répudie l'Homme, si on ne croit pas à la Société, si tout n'est que pragmatisme, l'utopie du laisser faire est un monde libre peuplé de fauves, d'esclaves, et de sicaires qui s'entretuent pour la répartition des parts de marché." p 243 (Lârbi)  " Le libéralisme est un sourire moralisant qui dissimule une forme de piraterie." " Le libéralisme est l'idéologie du loup, qui laisse croire que la prédation est naturelle alors que le partage ne l'est pas, et ce disant, profitant de la stupeur qu'occasionnent les beaux sophismes, il gobe le mouton fasciné. " p 286 (Lârbi) " L'injonction libérale n'est pas tant un laissez faire qu'un agressif et méprisant Laissez-nous faire !" p 280 (Lârbi) " Le monde est ainsi, verbeux et changeant, parcouru de phrases qui se reproduisent d'elles-mêmes. Et dire que dans ce monde-là, il y en a qui s'efforcent d'écrire des livres !" p 286 " Charles se laissait adopter, il écrira ce qu'on voudra, c'était pour lui une façon de respirer, mais écrire n'existe plus. Tout le monde le peut, plus besoin de personne. Mais que ceci, la seule chose qu'il sache faire, ait perdu son importance, il le gardait pour lui. pas la peine de propager les mauvaises nouvelles." p 308-309 " Les gros revenus sont une forme d'escroquerie, c'est le prix que demande celui qui promet à ceux qui le nomment : gros salaires contre dividendes. Le partage du butin fonctionne, tout le monde aura filé avec la caisse quand tout s'effondrera. Il n'y a aucune responsabilité, personne ne paiera les pots cassés. " (Lârbi) p 348.

Je crois que ces citations permettront à ceux qui ont lu mes brèves et ce qui les a précédées, de comprendre pour quelles raisons, au-delà de la qualité littéraire indéniable de cette œuvre, je l'apprécie encore pour la dénonciation de ce système aberrant par lequel nous sombrons.

J'avais compté rendre compte de ce roman dans les Lectures diverses où il avait naturellement sa place. mais, bien que roman, bien que n'étant pas l'œuvre d'un spécialiste d'une quelconque prétendue "science humaine", il s'agit bien d'un texte fondamental en ce qu'il décortique ce libéralisme, théorie issue d'une escroquerie puisqu'au nom de la liberté, elle mène le plus grand nombre à l'esclavage, à l'Union Soviétique dont l'auteur nous dit à juste titre que nous ne différons pas tant que cela. Aron avait énoncé la théorie de la convergence, l'URSS se rapprochant du monde occidental, il avait semble-t-il manqué le plus grave : le monde occidental, libéral, se précipitant vers l'ère des camps de concentration sans grillages parce que c'est toute la planète qui en devient un.

Les revues littéraires devenues muettes sont-elles sous la coupe des puissances financières ? Je pose la question en faisant semblant de ne pas connaître la réponse, elle est OUI. C'est ce qui rend suspects les éditoriaux des directeurs, rédacteurs et autres chantres cachés, rémunérés grassement, du libéralisme, cette saloperie qui installe le chaos des puissances financières sur toute la planète. C'est pour cette raison qu'elles n'ont pas parlé de ce livre. Les serfs ne mordent pas la main de leurs maîtres, pendant la seconde guerre mondiale, en France, on appelait les ancêtres des directeurs et rédacteurs actuels de revues : des collabos !

 Emile DURKHEIM Les formes élémentaires de la vie religieuse. (1912)

Fondateur de l’école française de sociologie, Emile Durkheim (1858-1917) a donné avec ce livre une vision claire, cohérente et complète de la formation du sentiment religieux tel que nous pouvons le déduire des observations des sociétés les plus primitives, principalement les Aborigènes australiens du XIXème siècle. Le regard qu'il porte sur les religions, du point de vue sociologique, est celui que l'on porte sur un phénomène qui s'avère être lié et partie des origines de la pensée et des outils par lesquels l'homme accède au savoir tel que nous le reconnaissons.

Comme beaucoup, je pensais que le sentiment religieux s’était développé à partir « des angoisses et des peurs » des hommes primitifs, je pensais également que la connaissance était intimement mêlée à ce processus et que, dans les sociétés avancées, la religion était devenue un enjeu de pouvoir donc un phénomène essentiel des sociétés concernées. Si elle est juste en ce qui concerne la parenté religion-savoir, si la société est effectivement centrale dans les processus religieux, cette vision, partagée par de nombreux profanes, est des plus simplistes. En effet, comment peut-on penser que l’animal homme, un beau jour, parce que son environnement a changé, s’est redressé pour devenir un homme et du coup s’est mis à penser un environnement qu’il a jugé plein d’embuches et de mystères, générant craintes et peurs et le besoin naturel d’y répondre ? Il est plus que vraisemblable que l’animal-homme a accédé lentement à la qualité d’homme telle que nous la concevons, et pourvu de tout son acquis d’animal. Cela signifie tout simplement qu’il n’a pas connu cette phase d’effroi, de craintes, qu’il avait déjà une vue et une maitrise de son environnement, celle de l’animal qui n’a vraisemblablement fait qu’évoluer. De l’animal, il héritait également d’une organisation sociale, l’homme n’est pas né d’un individu, ni d’un couple initial, mais d’un groupe ou d’un ensemble de groupes. Emile Durkheim à partir des observations et études de ces sociétés primitives dégage l’élément majeur qui a conduit l’évolution intellectuelle et/ou spirituelle (c’est à ce stade équivalent) : la force dégagée par le groupe et ressentie par lui et les individus qui le composent comme une force externe dont ils dépendent et dont ils sont parties. C’est à partir du sentiment de cette force, bien réelle, que naissent des rites, qui généreront à leur tour des croyances … On sait combien ont pu délirer, à partir de l’existence de cette force, les escrocs du fantastique, y voyant l’effet de je ne sais quelle science perdue, voir la trace d’extra terrestres. La réalité est plus simple et c’est de là que part Emile Durkheim : l’individu primitif, tout comme nous, mais avec plus de force, n’existe que par le groupe, si nous pouvons parfois nourrir l’illusion de notre indépendance, lui, ne le pouvait pas. Sa perception du monde – comme nous – autant que les conditions de sa survie, lui venaient du groupe. Il constatait dans les réunions de ce dernier, un accroissement de sa force, ce qu’il ne manqua pas d’attribuer à une force collective, extérieure mais liée à lui ou au groupe. Naissance des rites, du sacré et du profane, de la notion d'âme, des diverses formes du culte, Durkheim passe tout au crible de l'analyse et tire de précieux enseignements des observations de ces primitifs. On est surpris d’une part de la survivance des pratiques primitives dans les grandes religions modernes, le christianisme en particulier, mais également il voit dans cette formation de l’esprit religieux, l’origine du savoir et des outils qui en sont la base.

Remonter plus loin serait peut-être aller vers l’organisation des mammifères vivant en clans, tels les grands singes, cela nous expliquerait peut-être ou éclairerait les analyses dont les croyances primitives sont ici l’objet, mais je doute que cela en modifie la portée.

J’insiste sur la langue employée par Emile Durkheim, il ne fait quasiment jamais appel à des termes techniques et il ne manque jamais d’expliquer le sens qu’il donne aux termes qui pourraient en avoir la couleur. Il y a dans cet essai, plus de six cents pages qui se lisent comme un roman et qui nous font plonger aux origines de la pensée humaine ou près de ses origines. Les enseignements que nous pouvons tirer de cette étude dépassent largement leur thème tel que le titre pourrait le laisser entendre.

« Si la philosophie et les sciences sont nées de la religion, c’est que la religion elle-même a commencé par tenir lieu de science e t de philosophie. » p 12 « Un individu entre-t-il en contact avec elles [ les forces ] sans avoir pris les précautions convenables ? Il en reçoit un choc que l’on a pu comparer à l’effet d’une décharge électrique. » p 271 « Les croyances religieuses ne sont qu’un cas particulier d’une loi très générale. Le milieu social tout entier nous apparaît comme peuplé de forces qui, en réalité, n’existent que dans notre esprit. » p 325 «  … l’emblème n’est pas seulement un procédé commode qui rend plus clair le sentiment que la société a d’elle-même : il sert à faire ce sentiment que la société a d’elle-même : il sert à faire ce sentiment ; il en est lui-même un élément constitutif. » p 329 « Une même institution sociale peut, sans changer de nature, remplir successivement des fonctions différentes. » p 386 « Il faut qu’une élite mette le but très haut pour que la foule ne le mette pas trop bas. » p 452 « Ainsi, il y a un ascétisme qui inhérent à toute vie sociale, est destiné à survivre à toutes les mythologies et à tous les dogmes ; il fait partie intégrante de toute culture humaine. Et c’est lui, au fond, qui est la raison d’être et la justification de celui qu’ont enseignées les religions de tous les temps. » p 452-453 « Tout ce qui est sacré est objet de respect et tout sentiment de respect se traduit, chez celui qui l’éprouve, par des mouvements d’inhibition. » p 453 « L’âme individuelle se régénère, elle aussi, en se retrempant à la source même d’où elle tient la vie ; par suite, elle se sent plus forte, plus maitresse d’elle-même, moins dépendantes des nécessités physiques. » p 498 « Le rythme auquel obéit la vie religieuse ne fait qu’exprimer le rythme de la vie sociale, et il en résulte. » p 499 « Les impératifs de la pensée ne sont vraisemblablement qu’une autre face des impératifs de la volonté. » p 527 « Ce qui est à l’origine du deuil, c’est l’impression d’affaiblissement que ressent le groupe quand il perd l’un de ses membres. » p 574 « Un malheur paraît-il imminent qui menace la collectivité ? Celle-ci se réunit, comme à la suite d’un deuil, et c’est naturellement une impression d’inquiétude et d’angoisse qui domine le groupe assemblé. La mise en commun de ces sentiments a, comme toujours, pour effet de les intensifier. En s’affirmant, ils s’exaltent, s’enfièvrent, atteignent un degré de violence qui se traduit par la violence correspondante des gestes qui les expriment. » p 382.

Le livre d’Emile Durkheim dépasse largement son sujet, mais plus intéressant encore, ses constatations et les motivations des primitifs telles qu’il les décrit recouvrent des processus de phénomènes collectifs qui nous concernent encore et n’ont rien perdus de leur actualité. Des forces et des rites qui maintiennent l’unité du groupe, de la collectivité, nous pouvons utilement tirer des enseignements et nous le faisons. Nous ne sommes pas si différents de nos ancêtres primitifs, ce que nous recevons de la collectivité – tout – nous semble simplement nous venir naturellement, de même que les éléments de notre survie – vie – ne nous semblent pas toujours dépendre de la société dans un rapport aussi étroit qu’il l'est réellement *1. Nos totems ont évolués, des Aigles romains aux drapeaux et autres emblèmes, nos religions ne sont plus – en occident – les points d’ancrage de notre vie spirituelle, le savoir, élaboré selon des processus qui nous viennent de ce lointain passé nous ont permis de nous dégager de l’emprise spirituelle, pas de la matérielle qui n’a peut-être jamais été aussi forte bien que plus dissimulée. Quiconque lit ce livre avec l’attention qu’il mérite ne peut que se poser des questions importantes concernant notre avenir et notre présent, la sociologie trouve bien dans ce livre une démarche créatrice.

*1 Une chose qui ne peut manquer de retenir notre attention, les primitifs ignoraient la façon dont les femmes se trouvent enceintes. Ainsi s'ils pratiquaient, ils ne faisaient pas un lien qui nous semble naturel et ils trouvaient donc d'autres explications. Cette ignorance peut nous sembler extraordinaire, on pourrait naïvement penser que de telles connaissances nous sont naturelles, elles nous viennent bien, en fait, de la société. Elle ne peut surprendre, cette ignorance, les thérapeutes qui sont parfois confrontés à de surprenants cas où elle se manifeste chez leurs patients.            Haut de Page

 

 MICHEL ONFRAY Le crépuscule d'une idole - L'affabulation freudienne 2010

On s'étonnera peut-être de voir figurer dans cette rubrique "textes fondamentaux" cet essai de Michel Onfray. Mais comment appeler un texte qui, s'il ne révèle rien qui ne soit déjà connu, - selon ses détracteurs qui se comportent depuis toujours comme s'ils en ignoraient tout - place les éléments de l'imposture freudienne en perspective et sous une logique implacable. Freud littérateur et pas scientifique, qui pourrait le nier ? Il n'est pas le seul dans ces sciences dites "humaines" où les impostures sont monnaie courante, mais rarement certainement l'une d'entre elles aura donné lieu a tant de crédulité et à une secte aussi puissante : la psychanalyse. Fondée par son grand homme, le Maître gourou Freud la pseudo science se révèle n'être, selon Michel Onfray qui, me semble-t-il le démontre assez bien, que l'autobiographie d'un détraqué exemplaire. Il n'y a pas de normalité vous disent les psychanalystes en bombant ce fameux torse intellectuel qui, puisant sa force dans le credo religieux *1, ne souffre pas de contradiction. Mais cela ne les empêche pas de guérir tous les jours, selon eux, des dizaines de milliers de patients - tout à fait normaux donc - qu'au passage ils allègent comme tout gourou qui se respecte - surtout s'il est diplômé - d'une partie de leurs biens car la guérison : cela se mérite. Je n'insisterai pas sur la difficulté qu'il peut y avoir à définir une normalité, cela n'est pas de notre ressort, mais avec Freud, il est facile de repérer un "anormal" peu ordinaire, un de ces anormaux qui peuvent produire une grande œuvre littéraire. Désirant à deux ans, lors d'un voyage en train, coucher avec sa mère, envie prétendument retrouvée des dizaines d'années plus tard - quand on sait ce qu'est la mémoire, on apprécie ! - notre homme n'en finit jamais avec cette fascination de l'inceste dont il fait - normalité oblige - la règle universelle. Allons-y donc, si nous n'avons pas voulu violer notre mère, nous avons refoulé cette envie et ... gare à nous, si nous n'avons pas voulu tuer notre père, nous avons ... la pseudo science a réponse à tout. Elle a pris la place des curés, le divan remplaçant le confessionnal, soutirer l'argent du patient et le manipuler restant le but suprême, puisqu'il n'est pas malade, pourquoi ne se soignerait-il pas sa vie durant ? Les fumistes et les escrocs ont pullulé sur ce terreaux fertile, les analysés se reconnaissent souvent comme appartenant à une race supérieure - analysé cherche analysée (*2) ...-. Qu'importe si les homosexuels sont des pervers, les femmes des demi-hommes dont le pénis n'a pas poussé, ... D'Anna rêvé en Anna sœur ou fille, le gourou avance, rien ne trouve grâce à ses yeux, il devient un maître contorsionniste, sa science le suivra dans cette direction. Documents truqués, cachés, les adeptes vont de malhonnêteté en malhonnêteté, le portefeuille justifie bien des sacrifices ... y compris celui de la vie des autres. Freud était une sorte de monstre. Les escrocs remplacent les escrocs, Lacan par exemple mettra sa petite crotte dans le panier commun de la psychanalyse ... L'ouvrage de Michel Onfray est effrayant par ce qu'il révèle ou reprend d'autres peut-être moins bien structurés. La secte a fait semble-t-il comme toutes les sectes bien des victimes, un bilan de la psychanalyse est-il possible derrière celui, effrayant de la famille Freud ? Plus que jamais : méfiance face aux systèmes quels qu'ils soient.

Selon Nietzsche chaque philosophe élabore la philosophie de sa biographie. C'est le postulat que retient Michel Onfray pour suivre le parcours de Freud qui a, entre autres, abondamment pillé Nietzsche. Voilà une biographie ou une analyse, ou un essai destructeur, bien positif puisqu'il devrait nous débarrasser d'une engeance peu commune, mais que l'on ne se fasse pas d'illusion : les sectes ont la peau dure, il se trouvera longtemps encore des idiotes pour proclamer que Freud a libéré cette femme sans pénis, demi-homme ; les divans ne sont pas près de disparaître et les psy pourront continuer à dormir pendant que le patient débitera ses conneries, tout comme le curé baille encore dans son confessionnal. Le curé agitera son goupillon en forme de pénis, le psy encaissera l'argent salvateur allégeant son patient d'une charge de culpabilité bien dure à supporter en ces temps de misère et le monde continuera à tourner au milieu de ses illusions, de ses impostures, de son incroyable imagerie.

Le mensonge colle donc au fondateur de la psychanalyse, déni du réel, mais ne colle-t-il pas tout simplement à cette religion ? Ainsi Michel Onfray nous signale en passant la réponse au livre noir de la psychanalyse dont les trois quarts des articles ont été écrits ... avant la parution du Livre Noir, escroquerie tout simplement ! On le voit, les élèves sont fidèles au Maître Gourou. Que reste-t-il de Sigmund ? Un écrivain, nous l'avons dit, c'est toujours plus que ce qui reste des Roudinesco et autres Miller ... rien ! Allons ! Feu la psychanalyse n'est pas morte, le christianisme, l'islam, le judaïsme, pour ne citer qu'eux, vivent bien encore ! tout comme l'astrologie, la numérologie à laquelle croyait Freud, et autres insanités !

Six cents pages d'une lecture passionnante, durant laquelle on ne cesse de se féliciter d'un examen aussi rationnel d'une des grandes mythologie du vingtième siècle.

Page 217 une petite coquille amusante : "... monopole sexuel du mère sur les femmes dans la horde primitive ..."

*1 Depuis la sortie du ivre nous avons pu avoir quelques illustrations des réactions de croyants. Ainsi d'un certain Garouste, peintre de son état, qui se fout littéralement de Freud et de ses élucubrations mais qui ne peut admettre que l'on touche à sa religion, il est analysé, donc différent, donc on ne peut pas nier la psychanalyse par laquelle il s'est réalisé. Sa réaction face à Michel Onfray a été celle d'un croyant qui n'a aucun souci de l'origine de sa croyance, mais qui tient les dogmes pour sacrés. Quand à la Fouine, le petit Zemmour, il a trouvé le moyen de faire le malin, comme d'habitude et a entre autres, reproché à Michel Onfray de n'avoir pas assez mis en perspective Freud quand il admirait Mussolini. Argument imparable : Mussolini était également admiré par Churchill. Faut-il rappeler à Zemmour que Churchill aurait volontiers dans les derniers mois de la guerre, renversé les alliances pour fondre sur l'URSS en compagnie de ... Hitler ! Churchill était un vrai politique, il n'avait qu'une parole de pute et gageons que ses admirations n'étaient que de pure manœuvres ! Freud était attiré par les régimes autoritaires, il a tenté de concilier psychanalyse et nazisme. On n'a pas besoin de Zemmour pour se souvenir que Mussolini était prêt à empêcher l'annexion de l'Autriche par Hitler et que c'est le silence de la France et de l'Angleterre qui lui a fait comprendre qu'il n'y avait rien à attendre d'elles. Mais Dolfuss était une pâle crapule, un assassin encore moins fréquentable que Mussolini à la veille de la guerre.

*2 Une des plus belles preuves du sectarisme des adeptes passifs (ou payants) de la psychanalyse est cette assertions magnifique : on ne peut pas parler de la psychanalyse si on n'a pas été analysé - si possible par un analyste meeeerveilleux ... ma chère ... un peu comme on ne peut parler des religions catholique ou musulmane sans sacrifier quotidiennement aux pratiques de ces sectes ! Encore un effort et il faudra pouvoir en parler revenir du Paradis comme le couillon de la croix !

Le cas particulier de Moïse. Michel Onfray s'en prend à juste titre à l'essai de Freud paru pendant les persécutions nazies. Mais de ce que Freud veut détruire, une fois de plus - la dernière -, le père sous la figure de Moïse, il ne faudrait pas déduire que l'hypothèse du lien originel entre le judaïsme et l'Egypte est faux. Il y a peu de chances que le monothéisme soit apparu spontanément dans une société aussi rudimentaire que les tribus d'Israël. La Bible regorge de références égyptiennes, l'Egypte si elle ignore les israélites, connaît le monothéisme, c'est bien là qu'il avait le plus de chances d'apparaître, dans une société ultra hiérarchisée, où les enjeux de pouvoirs devaient être importants. On le sait, il y a existé un peu plus que le temps d'un règne, celui d'Akhenaton, sous une nouvelle capitale, Armana. Les adeptes du Dieu unique ont certainement été chassés d'Egypte comme les Hébreux de la Bible, leur capitale a été détruite, trop de coïncidences pour qu'il n'y ait pas là quelque chose. On notera également dans la Bible une référence du même ordre mais pas confirmée de l'autre coté d'où on ne connait pas grand chose, avec Babylone, l'autre grande civilisation hiérarchisée où le monothéisme avait des chances d'apparaître. Quand aux mauvais traitements subis par les Juifs, qu'on me permette les remarques suivantes. La notion de peuple élu, était chez les Hébreux, purement interne. Pourquoi aurait-elle dérangé au point de générer un sentiment raciste fort, les peuples voisins polythéistes, habitués à des dieux manifestant chacun des préférences ou des faiblesses pour un peuple ou une ville particulière ? Les Hébreux ne faisaient pas de prosélytisme. Ils étaient peut-être turbulents, arrogants, mais ils n'étaient pas les seuls dans ce cas et certainement pas au point de générer une haine particulière et universelle. Par contre, avec le christianisme, on assiste à l'émergence d'un monothéisme intolérant, se prétendant universel. Issu du judaïsme, il se forme en quatre siècles sous les yeux des Juifs, parfois chez eux. Les Juifs qui ne suivent pas la nouvelle religion sont donc des témoins gênants de l'imposture chrétienne qui va du rabbin Jésus au Christ-Dieu. Pas étonnant que cette église en fasse des moutons noirs ! Même s'ils se taisent, ils sont supposés connaître les magouilles, les trafics, originaires de la nouvelle religion. On sait ce qu'est la haine chrétienne quand le dogme du moment - il change sans cesse - est en cause. Les bûchers en parsèment le parcours. Le christianisme est une religion intolérante, conquérante, qui manifeste rapidement sa volonté d'occuper l'espace public mondial, comme son petit frère tardif l'Islam ou le dernier né des mouvements théocratiques, le marxisme. La seule origine de l'antisémitisme, quel qu'il soit, même le nazi, est chrétienne. Ce sont les chrétiens qui ont désigné les Juifs à Hitler et ce dernier ne les gêne pas encore ainsi qu'en témoigne l'incroyable existence au Vatican d'un cardinal nazi, élu pape, soutenant des antisémites déclarés ! La vieille salope ne change pas, initiatrice, complice des crimes nazis, elle les absout en la personne de ce vieux nazillard réintroduisant les hommes de l'antisémitisme dans la bergerie ! Alors Freud tuant le père Moïse comme il tue les autres, oui, mais le lien entre l'Egypte et le judaïsme dépasse les errements freudiens et la critique du monothéisme n'est pas l'antisémitisme, c'est au contraire la naissance d'un monothéisme conquérant, transformant radicalement l'ancienne pensée - la juive - qui est liée à l'antisémitisme.

Dans LIRE - mars 2010 - Une réplique qui noie le poisson. Alain de Mijolla, photo d'un homme manifestement satisfait de lui mais pas très raffiné, cela fait partie d'une bonne conscience affichée. En guise de réponse à Michel Onfray , on ne répond à rien, on se contente de faire l'historique de certains contradicteurs de Freud en prétendant que Michel Onfray ne fait que reprendre leurs arguments. Bien entendu, dès les premières lignes on glisse hypocritement l'antisémitisme, on ne pourra bientôt plus s'attaquer à un escroc juif sans encourir ce reproche un peu trop facile et totalement démagogique (il en est de même avec les autres minorités raciales, pour certains, de mauvaise foi, l'appartenance à une minorité ethnique dédouane de toute faute ! Ridicule, c'est encore là une forme de racisme et d'antisémitisme : ne pas traiter certains comme les autres en fonction de leur appartenance ethnique supposée. Les arguments de Michel Onfray sont clairs et bien exposés, il serait facile d'y répondre point par point, s'il se trompe. Rien de tel chez Mijolla, du baratin, un rideau de fumée, Freud demeure bien un imposteur et au moins un de ses disciples actuels en est un autre, deux si l'on ajoute l'inénarrable Gérard Miller à la rigidité mentale exemplaire qui ne connait que l'insulte et la condamnation ... condamnation de la psychanalyse et des praticiens tels que lui.

L'affligeante Dame Roudinesco :

On aura une idée du niveau de Madame Roudinesco qui déshonore l'université par sa profonde malhonnêteté en lisant ce paragraphe bouffon :

"Le livre d'Onfray est "un brûlot truffé d'erreurs et traversé de rumeurs", elle poursuit "Il prétend révéler des choses que tout le monde connaît et fait des amalgames". "Michel Onfray y traite les Juifs, inventeurs du monothéisme, de précurseurs du nazisme et Freud d'abuseur sexuel, admirateur du régime de Mussolini et complice du régime hitlérien par sa théorisation de la pulsion de mort", s'insurge Mme Roudinesco. "Il fait de la psychanalyse une science fasciste fondée sur l'adéquation du bourreau et de la victime".

Manifestement ou elle n'a pas lu le livre et est d'une malhonnêteté extrême, ou elle l'a lu et elle n'a rien compris et c'est, hélas, une conne, ou elle l'a lu et elle l'a compris et elle est encore d'une extrême malhonnêteté. Quoi qu'il en soit pas de quoi être fier de la dame. Tout le monde savait dit-elle ! Alors pourquoi tant d'agressivité ? Elle aurait besoin d'une sérieuse séance à l'eau froide la Dame. Il y a dans ce discours des raccourcis qui n'ont rien de scientifiques ... comme la psychanalyse, rassurons-nous. La secte est là et les sectaires, quand ils sont démasqués ont tous le même comportement, celui des Staliniens qui traitaient de chiens les anticommunistes. La Dame cependant est un peu courte pour mettre en cause la somme sobrement argumentée de Michel Onfray. Elle ne s'en tirera pas par quelques grossières affirmations gratuites qui ne font que crédibiliser le livre qu'elle attaque ! Les grosses ficelles de la psychanalyse - plutôt des psychanalystes - sont étirées, éculées, usées jusqu'à la corde. Je prends le pari : nous allons assister au défilé du quatorze juillet de la psychanalyse, mais cela ne ressemblera qu'au Grand Guignol ... en beaucoup moins drôle ! Ils ont pris le bâton et ils ne savent pas quoi dire. On lira la courte réponse de Michel Onfray à un long tissu d'insanités en la cherchant sur le net.

Une autre réponse, farfelue celle-là puisqu'elle est en dehors de tout débats et plane dans les hauteurs des grands principes en donnant à ses auteurs la pose de la victime est celle des 39. Encore un et ils étaient 40, comme les fameux voleurs d'Ali Baba.

Le livre noir de la psychanalyse est de nouveau disponible, avec un commentaire sur la réception réservée à la première édition. On pourra apprécier le rôle nauséabond de certains journaux, Le Monde - ce lourd journal emmerdant qui n'est même pas capable d'être objectif, l'Express, même l'Humanité y a été de sa petite crotte, petite seulement, ils ont perdu la main les inénarrables camarades, aux beaux temps du petit père des peuples, ils y allaient plus fort ! Gageons que ces journaux sont ceux que l'ont trouve dans les salles d'attente des psychanalystes encore qu'en ce qui concerne l'Humanité !

Les débats : Notre époque est fermée aux vrais débats, ceux qui se font dans les livres, elle préfère le spectacle. Ainsi, lors des élections présidentielles, un tas de crétins suivent des débats convenus, ficelés dans le mensonge, et, ce qui est le plus grave, se déterminent en fonction du meilleur ... acteur selon eux. L'université de Caen semble être dans cette logique. Elle organise "un débat", avec entre autres Elisabeth Roudinesco auteur de "Pourquoi tant de haine" une fausse réponse qui plutôt que de reprendre le fond du débat s'attarde dans les attaques contre l'auteur et, entre autres choses, tentent de l'assimiler à ... l'antisémitisme. Quel intérêt qu'aller faire le cirque avec des clowns qui pourraient répondre par écrit, tranquillement, point par point, de façon accessible par tous. Curieuses démarches !        Haut de Page

 Michel Onfray : L'Ordre libertaire - La vie philosophique d'Albert Camus.  (2012)  (en cours de lecture)

Comme beaucoup certainement, je suis assez triste d'entendre Michel Onfray délirer. En appeler à Camus comme il le fait aujourd'hui pour dire qu'il fallait parler avec les nazis avant d'en faire des ennemis est assez affligeant. Le propre des intellectuels est de cimenter leurs conneries par la raison, raison qui peut-être aussi délirante, le marxisme nous l'a prouvé, que les errements des religieux ! L'Oumma des musulmans n'est pas levée aujourd'hui pour défendre Daesh ! Onfray dit n'importe quoi quand il donne des chiffres de morts et c'est très grave et irresponsable. S'il a raison quand il reproche d'avoir déstabilisé Saddam et la Lybie, il ne le dit pas dans les termes adéquats et il oublie de dire que l'Irak a été détruit par ces deux connards corrompus de Bush à la demande des Saoudiens et des Qataris. Ce ne sont pas les occidentaux qui récolte "ce qu'ils ont semé", mais les sunnites qui sont entrain de faire naufrage par une politique qu'ils ont prônée pour faire tomber un dictateur laïque et par radinerie ! Rien de pire qu'un philosophe qui prétend que "penser est un métier" ! Penser n'est pas la propriété des philosophes, heureusement car depuis le temps qu'ils déversent des monceaux de conneries sur l'humanité, cette pauvre fille n'aurait pas été très loin ! Les gens à systèmes ne font que mettre des raisonnements sur leurs émotions, quand ils prennent la pose de victimes ou qu'ils veulent la faire prendre aux autres, ils mettent leur savoir au service de leurs émotions ! Ils ne sont rien de plus que les hommes ordinaires sauf des hommes qui se trompent avec plus de conviction ! Les choses ne sont pas simples dit Onfray et je suis bien d'accord avec lui, mais je le trouve bien simpliste ! 28 novembre 2015

On savait comment Sartre, l'imposteur, et sa consoeur Simone de Beauvoir, avaient calomnié Camus et mentit sur leur attitude - collaborationnisme passif - durant la seconde guerre mondiale. Mais le livre de Michel Onfray vient sortir définitivement des nauséeuses boues sartriennes la pensée d'Albert Camus. Seuls ceux qui ne connaissent pas Michel Onfray ou qui s'acharnent à ne pas comprendre seront étonnés de l'adhésion du philosophe à la pensée camusienne. Personnellement, Camus fut pour moi un double révélateur avec le Mythe de Sisyphe et l'Homme révolté, livre de passeur qui me fit découvrir Stirner et bien d'autres. Oublié, il ne fut pourtant qu'une étape, je découvre aujourd'hui combien il est resté proche et je pense avoir retenu de lui bien plus que ce que me dit ma mémoire, même si je n'avais pas, avant vingt ans, tiré de cette pensée tout ce qu'elle pouvait m'offrir.

L'enthousiasme de Michel Onfray pour le philosophe algérois est facile à comprendre. Camus nous sort du monde kafkao-théologique des professeurs de philosophie, et il est la philosophie que prône, en face d'eux, Onfray. Comment lui donner tort alors que derrière chaque horreur du vingtième siècle on trouve une brochette de docteurs en philosophie ? Les négateurs de la vie qui ont fait de la philosophie un jeu morbide, remplacé Dieu par des impératifs, des finalités, des nécessités, bref un tas de sornettes posées arbitrairement au milieu de système tautologiques dans des discours surréalistes, s'étaient empressés avec leur honnêteté légendaire, d'enterrer le philosophe qui ne jouait pas leur jeu. C'est la seconde corporation de funambules et d'imposteurs - après les psychanalystes - que Michel Onfray heurte de plein fouet. On se prend à espérer qu'il va s'attaquer à la troisième, celle des requins des eaux sordides : les politiciens. Mais avec eux, pas de débat d'idées et encore moins d'attitudes nobles ou généreuses ou tout simplement positives.

Qu'on ne se trompe pas sur le sous-titre de l'ouvrage. Michel Onfray ne nous parle pas d'une partie de la vie d'Albert Camus, qui serait la partie de sa vie consacrée à la philosophie ; il nous parle de la vie du philosophe - toute sa vie - qui est une vie philosophique. Une vie marquée, portée, dirigée par une philosophie qui se nourrit d'elle au contraire de ces vies de philosophes qui, pliée la panoplie des idées, vivent autre chose, autrement.

L'enthousiasme de Michel Onfray pour Noces, petits textes que j'avais négligés, m'a fait ouvrir immédiatement le premier pléiade de la seconde édition Camus. Quel bonheur que ces deux premiers textes : Noces à Tipasa et Le vent à Djémila ! Ils sont bien tels que Michel Onfray les présente : de la philosophie vécue. De beaux textes qui me font penser aux Nourritures terrestres de Gide qui seraient débarrassées des scories chrétiennes ! Des textes à lire et relire, qu'on n'épuise pas ainsi que l'écrit Onfray.

L'entreprise de dénigrement systématique de Camus mené par le célèbre couple d'imposteurs en tous genres : Sartre-Beauvoir et leurs porte-flingues des Temps Modernes. Anciens collabos passifs devenus extrémistes de la résistance de 1945-46, zélateurs de l'univers concentrationnaire stalinien, et, Onfray ne le dit pas graphomane émérite pour le lourd et obscur philosophe allemand Sartre. Onfray n'oublie pas l'ancien pétainiste reconverti Merleau-Ponty, tout un monde ces ennemis intimes de Camus qui manient l'injure et la calomnie comme ou mieux encore que leurs amis staliniens, mais ne débatte jamais sur le fond. Nous savons, nous, aujourd'hui, que Sartre ira jusqu'au maoïsme cet amour du crime collectif qui fit rage chez certains intellectuels décérébrés dont certains officient encore aujourd'hui reconvertis en on ne sait quoi. (Nous avions quand même raison disait Fajardie, dommage qu'il n'ait pas été le dire aux millions de victimes de Mao.)

Michel Onfray étudie l'attitude de Camus vis-à-vis de la guerre d'Algérie, c'est l'occasion de rappeler les exactions et les crimes des français, socialistes, gaullistes, les voltes-faces des communistes au gré de l'humeur moscovite, les crimes du FLN qui auguraient du destin de ce malheureux pays.

Regrettons au passage l'insinuation concernant Marcel Aymé, Onfray reprend les critères du CNE et condamne en passant l'auteur coupable d'avoir donné des textes à des journaux de la collaboration. Encore faudrait-il les avoir lus, juger sur pièce et ne pas se contenter de colporter des ragots qui seraient plus dignes de Sartre que de Camus. Sartre n'aurait certainement pas eu le courage de signer certains textes de cette époque de Marcel Aymé, les autres n'ayant rien de politique.

Petite revue de presse :

Télérama : L'hebdomadaire est certainement, par défaut, la meilleure revue de programmes radiotélévision. Mais elle est sous influence catholique et ne manque jamais d'être fidèle à cette sujétion dans les grandes occasions. Le livre de Michel Onfray en était une, la très chrétienne revue avait le choix entre deux attitudes : débattre sur le dossier qu'ouvre Michel Onfray ou convoquer sainte-Idiote pour pondre une petite crotte de médisance, un peu façon sartrienne, mais concernant Michel Onfray. Elle a choisi la seconde solution, la solution chrétienne douce, la faiseuse de crotte ramasse Freud dans le ruisseau ou l'avait plongé Dame Roudinesco, un bel exemple d'honnêteté chrétienne, stupide, sans argument, qui nous montre le visage caché assez répugnant d'une revue ! Télérama n'est vraiment pas une référence dès qu'il s'agit de penser librement !

Marianne : L'hebdomadaire de gauche consacre un assez bel article au livre de Michel Onfray. Quelle idée de faire appel au pseudo philosophe lybien, Bernard Henry Lévy, pour recueillir sa petite pensée de "sartrien" (ex-maoïste, cela crée des liens !) - c'est lui qui l'affirme, tant pis pour lui. Selon le philosophe des plateaux de télévision et des marchands de papier imprimé, Camus aurait toujours eu raison comme Michel Onfray l'indique et Sartre toujours tort, au plan personnel et au plan politique, mais au plan philosophique, ce serait Sartre qui l'emporterait ! On imagine aisément la pensée juste de Sartre donnant systématiquement de faux résultats et la pensée fausse de Camus en donnant des bons non moins systématiquement ! Bel exemple de construction logique qui n'étonnera personne de la part de B.H.L. ! C'est que, nous dit le fameux mytho-philosophe - le monde philosophique se divise, selon Kojève, - au secours ! A l'aide la communauté philosophique ! - en adeptes "du monde il est hostile" et en adeptes "du monde il est favorable". B.H.L. doute, indirectement, de la capacité de Camus à représenter "philosophiquement" s'entend, la Révolte ! Comme si Sartre l'avait jamais représentée, lui qui fit courbettes sur courbettes au communisme stalinien et maoïste après s'être accommodé sans problème du nazisme ! Enfin, Marianne aura fourni une occasion de plus à BHL de pontifier, un commentaire sans intérêt ! Pouvons-nous, en outre, pauvre ignorant, de lui répondre que la nature n'est ni favorable, ni hostile, elle est indifférente, passive, nous ignore. Curieuse idée que celle de Marianne que de faire appel à ce faux-intellectuel rancis de la gesticulation, l'hebdomadaire de JFK ferait-il parti des réseaux du pseudo-philosophe relationnel ou bien serait-il incapable de trouver un commentateur externe plus sérieux ? C'est de sa crédibilité qu'il s'agit, on n'agit pas impunément.

Le Point : Dans un dossier intéressant l'hebdomadaire rend justice au travail de Michel Onfray. On y connaît le philosophe et on le situe correctement par rapport à Camus, un minimum qui ne semble pas toujours à l'ordre du jour. On rappelle que la postérité donne raison à Camus contre Sartre condamné par les faits, graphomane englouti sous le torrent de ses propres (pas toujours) mots.

Le Monde : Olivier Todd : C'est une exécution simpliste de Michel Onfray par un des biographes de Camus. On y reconnaît les choses à demi, on reprend une vieille antienne : le penchant de Camus pour la Social démocratie, si cela était vrai, au moins, elle, n'a pas comme ceux dont Sartre fut un compagnon de route, enfermé les citoyens dans des camps ou des asiles sous les applaudissement d'une certaine gauche française. Onfray sur-politiserait Camus et Sartre, ce qui est une ânerie pour qui se souvient de leur époque ultra-politisée et des jugements de Sartre toujours ou presque soumis à la politique. Il accuse Onfray de crier à l'oubli général de Camus, sous le titre : Tricherie et affirme "Mais pour des millions de lecteurs ..." a-t-il lu le livre de Michel Onfray qui justement souligne la différence de traitement - réelle - de Camus et de son œuvre, par le public d'une part et les "professionnels de la philosophie" d'autre part. Il reconnaît la condamnation par Camus du communisme mais "moins qu'Orwell", je crois réentendre les vieux staliniens et leur mauvaise foi assise sur de telles objections, que signifie "moins" quand la condamnation est totale si ce n'est la mauvaise foi de M. Todd ? A en croire Todd, en 2012, il serait inutile et caricatural d'opposer Sartre et Camus ! On aimerait savoir pour quelle raison ce qui fut vrai de leur vivant, ne le serait plus aujourd'hui ? Au nom d'une bonne tenue devant les ancêtres, pendant qu'il y est pourquoi ne réconcilierait-on pas, comme Sarkozy dans les faits, de Gaulle et Pétain ? Cette volonté de cacher le passé peu ragoutant de Sartre ressemble fort à un négationnisme. Il dit "bâclé" le livre d'Onfray, si la raison de ce jugement est dans ces quelques remarques, alors il serait plus généreux pour lui, de l'oublier ! Mais peut-être est-ce parce que Onfray écrit clairement ce que les gens du tonneau de Todd ont l'habitude d'embrouiller ou bien en raison de quelques coquilles. Onfray a sauté la case : complications verbales inutiles, un simpliste genre Camus, quoi ! Bref Todd a raison d'écrire dans Le Monde, ce journal de prétentieux et vains parisiens, qui demeure un bien curieux journal dont on peut se passer ce qui d'ailleurs, ne tardera guère !

 Michel Onfray : Sade - La passion de la méchanceté

Michel Onfray poursuit son entreprise de décrassage, il faut dire que dans la France post soixante-huitarde comme dans l'héritage chrétien, il y a du travail, aujourd'hui, l'imposture nous vient d'un poète que, personnellement je goûte assez peu : Guillaume Apollinaire, qui fut le chantre créateur du divin marquis ! J'ai lu Sade, Justine et la Nouvelle Justine entre vingt et vingt-cinq ans. J'étais sorti des croyances imbéciles qu'on m'avait inculqué enfant, le Christ et autres conneries du même genre, mais je n'avais pas encore retrouvé ma liberté de mœurs, l'on sait à quel point l'éducation chrétienne est mutilante, stupide, anti naturelle et favorise l'émergence de monstres comme les nombreux curés pédophiles enfants chéris de l'Eglise avant que la justice se permette de mettre son nez dans ses affaires glauques. La lecture de Justine autant que celle de Juliette, me fit penser aux camps de la mort nazis qui, à l'époque - cela est encore vrai aujourd'hui - m'effrayaient et me faisaient douter de l'homme. Les palinodies sadiennes de quelques intellectuels qui ne savent manifestement pas lire, me laissaient absolument rigolard. Je crois que les stupidités déversées au sujet de Sade par nombre d'entre eux furent du nombre des choses qui me firent prendre au sérieux la phrase de Durrell : "Je ne souhaite pas à mon pire ennemi d'être réincarné dans le cerveau d'un intellectuel français de la seconde partie du XXème siècle !" (Je cite de mémoire). Les Barthes et Lacan sont correctement étrillés par Michel Onfray, ils pourraient l'être sur bien d'autres sujets. Il n'oublie pas un imbécile patenté par l'Université, qui a récemment soutenu une thèse négationniste, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, dans laquelle cet olibrius qualifie de crétins ceux qui lient Sade et les nazis ! Il y a des cours pour analphabètes, il pourrait utilement s'y inscrire pour apprendre à lire ! J'ai relu quelques chapitres de Justine, je reconnais que la langue de Sade est belle, j'ai même eu l'impression à certaine page de lire La Fontaine, cela n'est pas peu, on a bien le droit de le lire, je ne suis pas vraiment scandalisé qu'il figure dans la Pléiade, l'ignoble Céline y figure bien, mais Onfray a raison quand il affirme que faire un symbole de liberté, un révolutionnaire, pis, un ami des femmes, de ce tortionnaire dont la vie et l'œuvre sont consacrés à la glorification de la torture, du meurtre sadique, à la description d'espaces clos dans lesquels des dégénérés, assez semblables aux SS des camps de la mort, jouissent des pires façons d'innocentes victimes est une imposture totale. Sade se complet dans la souillure de l'innocence au point de faire de Justine une éternelle innocente que les avanies et horreurs subies laissent dans un état de naïveté désirable pour les bourreaux. Ayant moi même pratiqué ce que l'on appelle la SM, dont l'essence - pour moi et mes partenaires - n'est pas la cruauté, mais la tendresse et le rapprochement - je ne peux que regretter qu'il n'y ait qu'un seul mot pour désigner ce que Michel Onfray appelle justement la méchanceté - c'est un doux nom - et des pratiques d'un tout autre genre qui ne se développent que dans le respect mutuel et la liberté des acteurs, contrairement à l'univers sadien fait uniquement de contraintes, de viols et de tortures. Onfray n'est pas seul et il donne une petite liste des grands noms ayant bien jugé Sade et son univers : un aristocrate cruel et dégénéré issu du moyen âge le plus barbare et annonçant les pires dérives du XXème siècle. Un monstre qui projette dans une œuvre non pas les rêves érotiques imaginaires, mais ses propres désirs autant que le souvenir de ses crimes justifiés et sacralisés doublé d'un opportuniste de bas étage tentant de survivre sous tous les régimes. J'ajouterais un sentiment personnel, les jugements favorables dont Sade a bénéficié contre toute vraisemblance ne seraient-ils pas dus, en grande partie, aux ses excès mêmes de ses récits qui donnent une aura d'irréel aux pires passages de son œuvre ? Hélas, la réalité, de la vie de l'auteur d'une part, de notre monde d'autre part, sont là pour nous dire que le sentiment d'irréel qui procède de l'ampleur de l'horreur ne la fait pas disparaître ! Le monde totalitaire et criminel de l'œuvre sadienne lie les exploits de son auteur aux crimes du XXème siècle, Sade s'est fait le théoricien de la monstruosité et l'a illustrée avec une précision diabolique y consacrant son talent de romancier qui n'était pas mince, le nier ou affirmer le contraire est une affligeante négation de la réalité !

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 JEANNETTE BOUGRAB : Ma République se meurt

Voilà un livre qui ressemble à une opération sanitaire d'urgence. Il se lit bien, le style en est vif. Je ne lis jamais les livres de politiciens sachant qu'ils ne sont que mensonges et impostures, mais en entendant parler l'auteur j'ai compris qu'elle n'était pas "une politicienne" mais une femme en guerre et je n'ai pas été déçu, il est rare de voir une femme qui apporte quelque chose en politique tant celles qui s'y sont glissées, avec difficultés, ressemblent à des hommes, ce n'est pas le cas de celle-là et si elle ressemble à des hommes, c'est aux grands ténors de la laïcité de la fin du dix-neuvième siècle, c'est dire si elle est originale aujourd'hui !

Jeannette Bougrab insiste sur ses origines, des origines qui sont à la fois une plaie saignante et une honte pour cette citerne de merde qu'est la France. Elle est fille de Harkis, les Harkis, ces hommes qui se sont battus pour nous, pour la France qui ne les acceptait pas en tant que citoyens ordinaires mais qui acceptait qu'ils se battent et meurent pour elle. La France de ce salaud qui s'appelait de Gaulle et qui commit sous la houlette de ce tyran mégalomane un crime (de plus) contre l'humanité en livrant aux assassins du FLN ces hommes, désarmés et leurs familles. Cela fit de 100 000 à 200 000 morts ! Certains officiers français, les Dignes, refusèrent de désarmer ces hommes qui s'étaient battus à leur coté et les firent embarquer, sous la menace, sur les navires qui regagnaient la France. Pour leur grande majorité les officiers français se comportèrent lâchement ce n'était pas la première fois, et abandonnèrent leurs hommes. On sait comment le régime gaulliste traita les Harkis qu'aucun parti ne viendra défendre : ils étaient désormais des parias comme les Juifs sous Pétain, comme les homosexuels pour les croyants de toutes les religions. 

Jeannette Bougrab est de ceux et celles qui parvinrent à se sortir des ghettos de la République, elle en est fière et elle a raison. Elle en est également reconnaissante à ses parents qui lui permirent cette réussite et à une école laïque par laquelle elle pu devenir ce qu'elle est, une école aujourd'hui détruite. Cette laïcité est pour elle une exigence intangible de la République, là encore on ne peut que l'approuver, mais il faut bien se demander ce qu'elle faisait chez Sarkozy un des pires ennemis de la laïcité en France, un homme totalement étranger à ce concept qui nous ramena aux pires moments  de la lutte contre l'Eglise. Elle a par contre raison de tonner contre ce ramassis de crétin du PS et de la Gauche en général qui verse dans le communautarisme le plus aveugle, comme cette idiote de Martine Aubry, digne fille de son père (Monsieur : l'euro-va-rendre-la-France-riche) qui réserve des heures pour les femmes voilées dans les piscines municipales ! Un scandale révélateur ! 

Française, Jeannette Bougrab parce qu'elle se sent concerné par ces problèmes et mesure mieux leur enjeu que la plupart des crétins de la gauche caviar du PS ou que ceux, amis de Besancenot, qui arborent au nom de la liberté une femme voilée sur leurs listes électorales (pauvres crétins quêteurs de voix, prêts à les ramasser dans n'importe quelle poubelle fut-elle celle de l'Islam le plus réactionnaire !) La laïcité est une condition de la liberté, liberté de la femme bien entendu mais pas seulement, liberté tout court. Les religions sont par essence liberticides même entre elles, il suffit qu'elles aient accès au pouvoir pour qu'elles se battent entre elles, à l'intérieur même de leurs grands courants. Les chrétiens se sont égorgés entre protestants et catholiques et il n'y a pas longtemps encore en Europe (Irlande). Les musulmans se massacrent entre chiites et sunnites, certains sunnites allant même, mesure de leur connerie, jusqu'à déterrer les morts soufistes à Tombouctou - musulmans eux-mêmes (des gens qui n'emmerdent personne). La laïcité n'est pas seulement la défense des athées, elle est la condition de vie intelligente qu'ils sont obligés d'imposer aux crétins religieux pour qu'ils ne s'étripent pas entre eux.

Le credo de Jeannette Bougrab est simple : la laïcité ne se négocie pas. C'est ce credo qui fit la France républicaine, c'est l'abandon de ce crédo au moment ou arrivent en France un grand nombre de personnes venant de pays musulmans qui contribue à défaire une république livrée aux sectaires de droite et aux mollassons fauxdroitdelommesques de la gauche caviar pseudo socialiste. 

Que l'on se rassure, ce n'est pas par hasard que Jeannette Bougrab est aussi attachée à cette laïcité mise à mal par des imbéciles et lâches tels Jospin ou des agents de l'intégrisme catholique tels Sarkozy, beaucoup de ces hommes et femmes venus ou issus de ceux qui sont venus en France, apprécient leur liberté et ne veulent pour rien au monde voir s'établir ici les règles imbéciles qui sont des lois en terres musulmanes tout comme des gens dotés de mémoire, dont les ancêtres ont été victimes de la racaille catholique,  ("Brulez les tous, Dieu reconnaîtra les siens") ne veulent plus voir au pouvoir des attardés et attardées mentales telle Madame Bourdin et s'inquiètent du noyautage des partis de droite par les catholiques qui donne, avec le trucage électoral en prime, plus d'influence à cette secte qu'elle n'en a vraiment en France. Rappelons que le catholicisme c'est actuellement : la protection des prêtres pédophiles, un Pape ancien (?) nazi, la propagation du SIDA par l'opposition au préservatif, l'antisémitisme larvé ou encore tout frais (l'Abbé Pierre l'était encore, les évêques intégristes benoitement réhabilités par le Nazillon du Vatican), l'opposition à la liberté d'avorter, le refus de l'égalité des femmes (qui ne peuvent pas entrer dans la structure catholique), l'homophobie qui se déchaîne actuellement ... 

Je l'ai dit on comprend mal malgré ses explications le ralliement de Jeannette Bougrab à Sarkozy, cet héritier du pétainisme comme on comprendrait mal un ralliement au PS des mollassons lâches. Les places qui lui ont été données, témoignent du mépris dans lequel elle a été tenue, elle se venge et elle a raison en révélant et en ne craignant pas, contrairement à la gent ordinaire de ce milieu faisandé, de donner les noms. La Démocratie, c'est la Vérité et elle l'applique. 

En réalité la faiblesse de Jeannette Bougrab c'est la faiblesse d'une république qui trahit la République à chaque pas. Elle a été ambitieuse parce que ses origines la condamnaient à l'être pour exister et son ambition ne pouvait s'exprimer que dans un choix politique "dominant", soit l'UMP soit le PS, la Peste ou le Choléra (on ne sait qui est l'un ou l'autre de  ces deux machines corrompues et pourries). Elle voulait se battre pour ses idéaux et pour se battre il faut avoir droit d'exister, aujourd'hui, le trucage électoral français est tel qu'on ne peut exister politiquement que dans une de ces deux machines qui confisquent la Démocratie au profit de la Dictature des médiocres, des serviles, des faux-culs : l'UMP et le PS. En fait, elle ne se fait aucune illusion sur son avenir politique, dommage qu'elle atterrisse dans un cabinet d'avocats d'affaires, la profession la plus pourrie après celle de politiciens, dans laquelle on retrouve d'ailleurs tout ce qu'il y a de pourri dans la politique !  

J'apprécie encore sa volonté de rester une femme dans toutes circonstances et son refus de se déguiser en homme pour devenir neutre aux yeux des députés machistes ou des bandes de petits cons qui fourmillent, intriguent, pantouflent dans les cabinets ministériels et dans l'entourage des ministres et contribuent largement à ruiner ce qui reste de République en France. 

Le système français, antidémocratique, qui se renie chaque jour et détruit le pays, économiquement, socialement, politiquement, financièrement, moralement, apparaît dans toute sa splendeur dans ce petit livre qui se lit comme un roman, bien écrit dans un style vif.

 Elle juge parfois la France schizophrène, l'explication est simple, c'est qu'il y a une France digne, noble, celle des Jaurès, des Zola, des Anatole France, des Camus, des Pierre Mendes-France, et une France de merde, celle des pétain, de gaulle, barrès, sartre, giscard pas même d'estaing, mitterrand, balladur et autres et que la seconde se cache derrière la première même quand elle a fait assassiner un Zola ou un Jaurès (l'assassinat n'est pas une spécialité religieuse, il a en France largement été pratiqué par la droite politique !) 

On souhaite à Jeannette Bougrab un destin meilleur que celui que peut lui réserver ce monde pourri de la politique française, c'est son intérêt comme le notre, les vrais combattants de la véritable République sont rares aujourd'hui et on ne peut que l'admirer même quand on ne partage pas et que l'on méprise l'ambition politique qui n'est qu'une maladie mentale qui nous a valu ces derniers temps un match électoral entre deux fous (Ségolène Royal et Sarkozy) ou les minables agissements de cloportes Copé-Fillon ou un débat de plus en dessous de tout à l'Assemblée Nationale Truquée. Si Hollande était un vrai républicain, il ne laisserait pas les talents et l'énergie d'une telle femme "inutilisés", mais ... 

Jeannette Bougrab me fait penser à cet autre français qui venait d'ailleurs, Romain Gary, il croyait plus à la France, que la plupart des français, il est mort désespéré, après avoir donné beaucoup !

La France doit cesser d'être schizophrène, d'affirmer des principes et d'appliquer leurs contraires. Les disparités territoriales, l'injustice sociale inhérente aux origines, le sexisme, le racisme et l'antisémitisme, entre autres, tous ces fléaux gangrènent silencieusement notre société dans une quasi-indifférence des pouvoirs publics. Les compromis avec nos principes et nos valeurs ne sont plus acceptables. " p 33 Tout à fait d'accord sauf que pour moi, ce n'est pas "l'injustice sociale inhérente aux origines" qui est inacceptable, c'est tout simplement : l'injustice sociale quelle qu'elle soit ! " Ma conviction profonde est que progrès et religion sont deux concepts antinomiques. " p 48 " Un ensemble de groupes égoïstes, voilà la nouvelle société française. " p 96 Il est rafraichissant de trouver une personne qui imagine que la société française ait jamais pu être autre chose que cela ! Mais cette naïveté fait partie de la force de Jeannette Bougrab. " Les autorités locales sont coupables de se laisser impressionner par les associations qui exigent de telles choses, comme ces fameux créneaux horaires de piscine pour les femmes, durant lesquels les hommes sont exclus. J'ai dû me pincer en entendant sur les ondes de France Inter en mars 2012 Martine Aubry expliquer qu'il s'agissait de rendre service à des femmes obèses qui étaient complexées à l'idée d'être à moitié nues devant des hommes. " p 105 Bien entendu J. Bougrab a raison, mais que dire d'une société dans laquelle on oblige un patron à embaucher une femme voilée ! Imposer cela à des salariés alors que le lieu de travail est non seulement un espace public mais doit rester protéger de tout engagement ou signe politique ou religieux est inadmissible ! Personnellement ces faces d'œufs me donnent envie de vomir quand je pense à ce qu'elles représentent d'archaïsme nuisible, de misogynie et de sectarisme à notre époque ! Je suis prêt à les accepter quand les femmes pourront se promener dans la tenue qu'elles veulent en Iran ou en Arabie ou chez les Talibans ! Pourquoi préciser (page 183), quand elle parle de Louis Joxe, qu'il est le père de Pierre Joxe, conseiller de Mitterrand, ce n'est pas ce dernier qui a signé mais bien le ministre de de gaulle ! Est-ce pour associer Mitterrand à une saloperie de de gaulle ? Ce n'est pas nécessaire, il a déjà son comptant !

Madame Bougrab, si vous voulez revenir en politique, non dans un de ces partis pourris qui existent, mais dans un nouveau, ni de droite, ni de la fausse gauche, beaucoup, comme moi, sont prêts à vous rejoindre et seront heureux de mener le combat sur les valeurs que vous affichez !

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 Nancy Huston : Reflets dans un œil d'homme.

Voilà un livre évènement qui ne fera peut-être pas évènement parce que les mafias médiatiques condamnent parfois par le silence ceux qui dénoncent leurs turpitudes. Nancy Huston est un écrivain de talent, je ne pense pas que l'on puisse la soupçonner d'être "soumise aux hommes" et acquise au machisme. Elle ne fait que s'élever contre cette stupidité qui prétend - à quand une loi Taubira pour rendre cette croyance obligatoire ? - que l'on naît sexué mais qu'au-delà du sexe il y a le genre et que le genre s'acquiert, qu'on devient féminin ou masculin selon l'environnement et les choix ! D'accord, mais il manque selon le sexe ! Qu'il y ait à la frange, marginalement, des hommes - femmes et des femmes - hommes, d'accord, mais que cela indique que l'on peut décider de son genre, indépendamment de son sexe, non, bien entendu. Cette croyance enseignée dans les écoles de la République est du niveau du petit Jésus, décidément il n'aura pas fallu beaucoup plus d'un siècle aux laïques pour enseigner des dogmes aussi cons que ceux des Eglises, il est vrai que les tristes gueules des héritiers de la grande époque - la fin du XIXème -, indiquent assez bien leur niveau intellectuel (un abus de langage). L'égalité entre hommes et femmes doit être une égalité de droit, cela n'implique pas que la femme soit identique à l'homme, différente ne signifie pas inférieure. L'infériorité constatée au plan social dans la plupart des sociétés tient à l'action des hommes, action qui est largement due à leur nature, ce qui explique sa quasi universalité. Nous sommes des animaux, des mammifères exactement. Nous nous disons supérieurs mais nous n'en sommes pas certains ; nous nous disons intelligents, mais tous les jours nous prouvons le contraire. Je suis violemment antiraciste, mais je sais qu'un homme blanc n'a pas la même couleur qu'un homme noir, je sais que les milieux culturels différents font des hommes différents, je sais qu'il y a des hommes forts et des faibles, des hommes doués et des hommes peu doués ... La différence c'est la vie, l'uniformité, c'est la mort. L'antiracisme ce n'est pas refuser les différences, c'est refuser de leur donner une valeur systématique en matière d'ethnies. Nancy Huston nous rappelle que les hommes sont programmés pour engrosser des femelles, qu'ils peuvent - qu'ils souhaitent en engrosser le plus possible pour assurer la prédominance de leur descendance alors que les femelles sont programmées pour se donner au mâle le plus susceptible de leur faire un enfant robuste et que cet enfant, elles le portent, l'allaitent, le soignent, bref, qu'elles ne sont plus disponibles pour les mâles pour un certain temps. Je parle ici des mammifères, mais aurions-nous oublié que nous sommes des mammifères ? Nous sommes intelligents, c'est vrai, j'oubliais, certaines féministes n'ont qu'un but : nier les différences, se faire mecs, tout comme certains courants de pensée de gauche. Ces gens nous refont le coup des églises. Il y a le mal - en gros ce qui est naturel - et le bien, en gros ce qui est acquis par l'intelligence ! Cette conception est stupide, notre intelligence nous amène à dominer nos tendances profondes, pas à les gommer tout à fait. Et le constat que fait Nancy Huston est sans complaisance et si nous voulons avancer, il faut faire notre ce constat sans complaisance, l'intégré. Bien sûr on peut protester, l'un sur un point, l'autre sur un autre et puis quoi ? Cela ne change pas l'ensemble. Ce livre est un livre utile, il devrait d'abord être lu et bien lu, par les hommes. Pas pour les voir se rengorger : c'est naturel, continuons, allons dans le sens de la nature, du pire ... Non, simplement pour trouver des points d'équilibre, des solutions qui, ne négligeant pas notre nature, nous permettent de vivre ensemble car s'il y a un couple qui doit fonctionner c'est bien le couple mâle-femelle ! Des solutions ? Sur le fond, il n'y en a pas, mais il faut savoir à quelles forces nous sommes confrontés, il faut apprendre l'autre - pour les hommes : la femme et faire-prendre toute celle qui revient de droit à chacun en tant qu'être humain.

Une partie de cette étude est consacrée à la prostitution qui est essentiellement un phénomène féminin, même si une prostitution masculine se développe aujourd'hui - qui n'a pas les mêmes caractéristiques pour ceux qui la pratiquent. C'est un domaine que je connais bien, j'ai vécu durant vingt ans au milieu, avec, des prostituées. Que ce phénomène soit dû en grande partie aux besoins des hommes - et, accessoirement à la misère des femmes - est hors de doute. Sans cela, il y aurait encore la prostitution, mais pas au même niveau. La prostitution ne sera pas éradiquée par les lois imbéciles que nous prépare l'alliance des féministes bobos, des catholiques intégristes, du parti des proxénètes et des socialistes béats. Ce qui arrivera en pénalisant le client, c'est qu'elle sera encore plus rejetée dans un ghetto dont la femme sera la prisonnière et la victime. Les idiots qui militent sur ce sujet, nous présentent la Suède comme modèle, depuis que je suis né on me présente la Suède comme modèle et j'ai vu les modèles suédois s'effondrer les uns après les autres. Sait-on que le fameux "bouclier fiscal" est une invention suédoise qui limite à la hauteur de ses revenus (de la totalité de ses revenus) l'imposition directe d'un suédois ! Cela se passe de commentaires. Les suédois sont racistes, pas dans le mot, dans l'esprit, on peut lire des stupidités du genre "fiers Vikings" sur certains documents édités par eux et les finnois ou population d'origine asiatiques ne sont pas particulièrement favorisées dans l'esprit viking. Les expériences suédoises ne sont pas différentes de tout ce qui a déjà été tenté en matière de répression de la prostitution, mensonge sur le réel compris. Il faudrait déjà avant de voter des lois, appliquer celles qui existent. Peut-on savoir pour quelles raisons on tolère sur le territoire français la prostitution d'étrangères ? Qui encaisse le revenus des chinoises de Strasbourg Saint Denis ? Et pourquoi ne s'interroge-t-on pas sur l'origine de l'argent - en espèces - qui sert aux mêmes chinois à racheter les bistrots et cafés français ? Le blanchiment est-il autorisé pour eux ? Les notaires qui acceptent les valises sont-ils couverts par le ministère et quel ministère ? Le Ministère des Finances et du Proxénétisme de M. Moscovici ou celui de l'Intérieur et des Racketeurs de M. Walls ? A moins que ce soit la justice qui encaisse ! M. Sarkozy a fait voter des lois inutiles mais pendant six ou sept ans qu'il s'est agité au Ministère de l'Intérieur puis à la Présidence de la République, il n'a strictement rien fait - en cela comme en toutes choses, fort les conneries - contre les réseaux de proxénétisme. Et là il y a esclavagisme, il y a tortures, viols, violences quotidiennes, contraintes, racket, assassinats. M. Hollande sera-t-il comme ses prédécesseurs un Président Proxénète, qui n'applique pas la Convention contre la traite des êtres humains ? Voter des lois quand les lois existantes ne sont pas appliquées, c'est la fuite en avant, l'aveu de faiblesse voire de connivence. On fait semblant de faire trop pour ne pas faire le minimum là où il faudrait faire ce qu'il faut ! C'est toute l'histoire de la politique depuis le début de la troisième république !

Le mérite de Nancy Huston, c'est de poser les problèmes, de les examiner, les retourner sans complaisance. De surcroit ce livre est bien écrit, cette étude se lit comme un roman, notre roman, celui des femmes.

L'accueil :

Télérama y a été, sous la plume d'une Juliette Cerf que l'honnêteté intellectuelle n'étouffe pas, support oblige peut-être, de son venin et de son lot de jugements sommaires habituels. On peut oublier il s'agit là d'un condensé de féminisme sectaire et d'intégrisme calotin, un mariage contre-nature mais qui dans les élucubrations actuelles semble prendre. Tout au plus, pourrait-on suggérer à la direction de Télérama d'apprendre à lire à ses collaborateurs et collaboratrices, ne serait-ce que pour relire les conneries qu'ils écrivent !

Christine Ferniot fait un compte rendu beaucoup plus intelligent - il est vrai que ce n'est pas difficile - dans l'Express. :" On naît bel et bien fille ou garçon et ensuite... ça se travaille", confirme Nancy Huston. Dans ce livre touffu sans être confus, l'écrivain multiplie les pistes, nuance ses propos pour analyser les propagandes et influences qui, sournoisement ou au grand jour, fabriquent encore la femme d'aujourd'hui "

Dans Lire, c'est Delphine Peras qui conclut : " Nancy Huston met les pieds dans le plat d'un sexisme hypocrite qui ne dit pas son nom mais qui fait des ravages, et dont les femmes se retrouvent les complices involontaires. Ce livre est admirable, il fera date. "

Sur Ombres Blanches (Librairie) on peut lire : " Toujours éminemment littéraires, les propos de Nancy Huston s'inscrivent dans un cheminement intellectuel et esthétique tout en nuances et constamment étayé par un regard renouvelé, attentif et curieux sur le monde du politique, de l'art et du sensible. Ecrit dans la tonalité d'un roman mais composé comme un essai, ce livre vibrant d'actualité s'inscrit de par la rigueur de son analyse dans l'intemporel présent de la pensée. "

L'opinion de Cachou, (un blog intéressant) est plus restrictive. Il est vrai que Nancy Huston donne parfois l'impression de généraliser avec facilité, mais quand Cachou nous dit, par exemple, que la violence des hommes n'est supérieure à celle des femmes que "parce qu'on la laisse s'exprimer contrairement à celle des femmes" elle entre dans le délire. Il s'agit du nombre infiniment plus grand d'hommes emprisonnés pour violence, s'ils sont emprisonnés c'est parce qu'on ne les laisse pas exercer leur violence ! Pas assez réprimé la violence - en général - d'accord, mais réprimée quand même du moins la violence physique, parce que les violences sociales - tout le monde s'en fout et en matière de prostitution, c'est peut-être une bonne part du problème et de sa solution. ! ( http://leslecturesdecachou.over-blog.com )

 

 

 

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